Chatte de gouttière
3
Sur les toits d'Paris, je bâille à la lune,
L’ennui me ronge de ses dents cariées ;
J'traîne ma fourrure au flanc de la brume,
Sur le zinc tiède aux relents de marée.
Les pigeons radotent leur messe immonde,
Leurs ailes battent l’air comme un vieux drap ;
J'rêve de planter mes crocs dans le monde,
Mais ici, tout ronfle, même les rats.
Je cambre l’échine au vent qui me frôle,
Mon ventre réclame un souffle insolent ;
La pluie me plaque la moelle à la tôle,
Et mon sang cogne à vide dans le vent.
Les humains beuglent leurs amours minables,
Ça sent la sueur, la clope et l’ennui ;
Moi je veux la nuit brutale et coupable,
Un feu dans les reins qui m'vrille et me fuit.
Je crache mes puces au bord des gouttières,
Mes miaulements se noient dans le ciel noir ;
Paname s’endort, crade et routinière,
Et j’sue de désir sur mon égouttoir.
L’ennui me ronge de ses dents cariées ;
J'traîne ma fourrure au flanc de la brume,
Sur le zinc tiède aux relents de marée.
Les pigeons radotent leur messe immonde,
Leurs ailes battent l’air comme un vieux drap ;
J'rêve de planter mes crocs dans le monde,
Mais ici, tout ronfle, même les rats.
Je cambre l’échine au vent qui me frôle,
Mon ventre réclame un souffle insolent ;
La pluie me plaque la moelle à la tôle,
Et mon sang cogne à vide dans le vent.
Les humains beuglent leurs amours minables,
Ça sent la sueur, la clope et l’ennui ;
Moi je veux la nuit brutale et coupable,
Un feu dans les reins qui m'vrille et me fuit.
Je crache mes puces au bord des gouttières,
Mes miaulements se noient dans le ciel noir ;
Paname s’endort, crade et routinière,
Et j’sue de désir sur mon égouttoir.
