Les vieilles dames
7
À la maison des glycines
à petits pas précautionneux,
le dos frileux, elles cheminent
l’âme plus vague que leurs yeux.
Emmitouflées dans des châles effilochés
les vieilles dames somnambules
dans les couloirs déambulent
attendent que les heures s’effritent
avant l’aubaine d’une visite.
Elles regardent passer les vivants
qui ne savent pas, insouciants,
qu’un jour ils seront à leur place,
les os de verre, le cœur de glace.
Chevrotantes, elles parlent à mi-voix
dans un murmure de feuilles mortes
qu’on écrase du bout des doigts.
Tout a un air de mascarade,
les violettes ont l’odeur si fade,
la rose s’étiole et se languit.
À la maison des glycines,
les aubes n’ont plus de tartine
ni de rires qui dégoulinent.
À quatre heures pile, elles savourent
la liqueur de leurs anciennes amours
humant avec délice l’eau de vie
qui remet le cœur en place,
contentes de quelques heures resquillées
sur celle qui dans leur dos ricane,
la mort tapie en embuscade.
à petits pas précautionneux,
le dos frileux, elles cheminent
l’âme plus vague que leurs yeux.
Emmitouflées dans des châles effilochés
les vieilles dames somnambules
dans les couloirs déambulent
attendent que les heures s’effritent
avant l’aubaine d’une visite.
Elles regardent passer les vivants
qui ne savent pas, insouciants,
qu’un jour ils seront à leur place,
les os de verre, le cœur de glace.
Chevrotantes, elles parlent à mi-voix
dans un murmure de feuilles mortes
qu’on écrase du bout des doigts.
Tout a un air de mascarade,
les violettes ont l’odeur si fade,
la rose s’étiole et se languit.
À la maison des glycines,
les aubes n’ont plus de tartine
ni de rires qui dégoulinent.
À quatre heures pile, elles savourent
la liqueur de leurs anciennes amours
humant avec délice l’eau de vie
qui remet le cœur en place,
contentes de quelques heures resquillées
sur celle qui dans leur dos ricane,
la mort tapie en embuscade.
