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Montez, mayonnaises!

Il n’y rien qui me fasse sentir si seul sur terre,
Que l’auge et la mangeoire fourragées au relais,
Haletant comme au bout d’une course en solitaire,
L’œillère de ses couloirs sans passage de relais.

La poitrine comprimée, avalant les distances,
On s’embrasse d’abondance, kiss-kiss des retrouvailles,
Salive sur le copieux menu de circonstance,
Convivial vaille que vaille, quand monte au nez la Maille.

Tout a été pensé jusqu’aux menus détails,
L’hôte est félicité, fêté, qui si bien sut,
Dresser le plan de table et le plan de bataille,
Qui laisse pensif, quand saillent les intentions pansues.

On gobe d’acidulés amuse-gueules, railleries,
Piquantes plaisanteries qui émaillent le salon,
Causeries de chambrées, et les chamailleries,
S’évaporent, au calva, dans les brumes d’Avalon.

C’est un habile trompe-œil, chacun est sur ses rails,
Vissé à son fauteuil, rivé à son écran,
Pilote automatique, l’inconscient qui travaille,
A l’art des bonnes figures, même à bout, même à cran.

S’il nage dans l’abondance, plongé dans ses pensées,
Tourmentent, l’Homme en son cœur, ses passions angoissées,
Ses poisses et ses béguins : quelle ingénieuse trouvaille,
Home sweet home tant vantée, qu’un heaume et son ventail.

Farouches isolements comme les îles d’Angleterre,
Aux manoirs médiévaux hérissés de murailles,
Se retranchent ils ou elles, ne soyons pas sectaire,
En des silences rivaux que ravivent les ripailles.

Ma recette de grand-mère, soufflée par Montgolfier :
Les bulles moléculaires doivent pour s’émulsifier,
Cuisiner la logique des monologues Hamlet,
Qu’huile et eau, blancs et jaunes, prennent part à l’omelette.

© Poème posté le 26/02/2026 par Deshaiessaintes

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