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Chant funèbre
9

De la ville assiégée
depuis des jours,
pilonnée,
bombardée
sans aucun répit,
ne reste rien
que des amas
de ruines fumantes.

Pluie incessante
de roquettes,
de missiles,
paysage désolé
d’immeubles éventrés,
de carcasses de véhicules calcinés,
de rues et ponts défoncés,
de squelettes d’arbres carbonisés.

Des habitants
terrorisés,
pris au piège
du feu meurtrier,
terrés dans les caves,
privés de vivres, d’eau,
de tout, de l’essentiel,
survivants en sursis
dont le sort
funeste
peut être scellé
d’une minute à l’autre.

De rares téméraires
se hasardent dans la cité
dévastée,
au milieu des gravats
enchevêtrés,
l’air hagard,
le regard vide,
éteint,
à la merci d’un tir
qui pourrait,
dans la seconde qui suit,
les estropier,
les abattre sur place.

Des victimes
trop nombreuses,
des blessés sans soin
qui souffrent,
qui agonisent,
et, visibles
parmi les décombres,
des cadavres
qu’on ne peut même pas
inhumer.

Univers d’un gris
chaotique,
des jours
sans lumière ni couleur,
des nuits
sans repos ni apaisement,
partout
la destruction, la mort.

Et quand sera venu
le temps de cesser
les combats,
un silence pesant
révélera au monde
l’horreur
d’une ville devenue
le tombeau d’anonymes
arbitrairement condamnés
par la folie guerrière,
dont l’ultime
chant funèbre
aura été le fracas
des bombes.



Ukraine, 24 février 2026, 4 ans de guerre... et combien d’années de terreur sous les bombes, encore ?

Tous droits réservés © Poème posté le 25/02/2026 par Matriochka

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