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Tiens tiens le gel
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Tiens, tiens, vous avez dit gel,
qui pèle, qui mord, qui fige, qui gèle,
transforme l’eau en glace
et les trottoirs en patinoires.
Tiens, tiens, vous avez dit glace,
glace d’été, glace qui délasse.
Et pour qu’elle reste douce,
sans paillettes ni cristaux,
c’est bien du gel végétal
dans l’alchimie des mélanges.
Tiens, tiens, vous avez dit gel,
gel qu’on presse dans la main,
fraîcheur promise en bouteille.
qui glisse sur la peau sous la douche.
Ou celui qu’on applique sur les cheveux,
pour tenir tête au vent, discipliner les épis rebelles.
Mais ne soyons pas si terre à terre,
levons un peu la tête, changeons de sphère.
Tiens, tiens, vous avez dit gel,
Celui qui ne s’attrape pas avec les doigts,
gel qui ne fond jamais au soleil.
Le gel des salaires,
figé comme un lac pris par l’hiver,
où les chiffres patinent sans avancer.
Étrange gel, celui-là, qui dure des années,
sans craindre le printemps.
Et pendant ce temps,
les prix, eux, n’attrapent pas froid,
ils grimpent, ils flambent ,
ils transpirent même en plein hiver,
mais jamais, jamais ne gèlent .
Tiens, tiens, vous avez dit gel,
mot léger en apparence,
petit mot de cuisine, de salle de bain, de météo,
Un mot qui fige l’eau,
qui lisse les cheveux,
qui adoucit les sorbets,
et qui, parfois,
devenant soudain sérieux
gèle surtout l’espoir
de voir demain dégeler.

© Poème posté le 07/02/2026 par Viemartienne

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