Le Soleil n’a plus d’heure et son disque est exsangue,
Il dérobe à la vue ses rayons racornis
Dans un linceul d’hiver et de mélancolie ;
L’âme engourdie des lieux dort au fond de sa gangue.
Chaque vie est tapie dans un creux de silence,
La rivière immobile a cessé son murmure
Et le froid joliment imprime ses blessures
Au miroir transparent des mortes turbulences.
Un arbrisseau gémit sous le poids de la neige
Comme le froid s’illustre en longs craquement sourds :
De clameurs en soupirs et de plainte en arpège,
La terre ensevelit, sous les plus beaux atours,
La sève du Printemps que la glace protège.
