Fièvre algide
2
Hiver, saison de mes douleurs,
Hivers à la blanche couleur,
Hivers livides, je m’en meurs ;
Hiver achèvera mon cœur !
Neige et vent, saison des ravages ;
Neiges du temps blanchi des âges ;
N’ai-je jamais tourné les pages
Beiges et grises de mes rages !
Froids passés de zone et de nuits ;
Froid, tu me casses ! Tu me nuis ;
Freux ! Roi-corbeau de mes ennuis,
Friand de ces vrais froids inuits…
…
La pluie en tombant, toujours lasse,
Essuie en vain la dégueulasse
Suie au taudis de basse classe :
La pluie au faubourg boit sa crasse !
Grêlons, grésil, bruine et verglas,
Grêlons, frelons aux trottoirs gras,
Gros, longs, gris comme ces jours las ;
Grêlons, grêlant, sonnant leur glas !
Givres glacés dans les cahutes !
Livres, ici, toujours vous fûtes
Ivres des fêtes que ces luttes
Livrent au givre des cahutes…
Frimas affreux ! Les pauvres gens…
- Tu m’as offert tous les argents,
Climat, du gel des indigents !
Frimas effrayants et régents !
Tout se purifie aux froidures ?
- Tousse ! Aux hivers des vents salubres !
Mai, ce n’était qu’ébauche, épure.
Messe dite, tout est torture !
Le froid ou la peur sont égaux ;
L’effroi plus l’ego, c’est égal,
Sont l’horreur du miroir des os
Et l’élémentaire mental.
Hivers à la blanche couleur,
Hivers livides, je m’en meurs ;
Hiver achèvera mon cœur !
Neige et vent, saison des ravages ;
Neiges du temps blanchi des âges ;
N’ai-je jamais tourné les pages
Beiges et grises de mes rages !
Froids passés de zone et de nuits ;
Froid, tu me casses ! Tu me nuis ;
Freux ! Roi-corbeau de mes ennuis,
Friand de ces vrais froids inuits…
…
La pluie en tombant, toujours lasse,
Essuie en vain la dégueulasse
Suie au taudis de basse classe :
La pluie au faubourg boit sa crasse !
Grêlons, grésil, bruine et verglas,
Grêlons, frelons aux trottoirs gras,
Gros, longs, gris comme ces jours las ;
Grêlons, grêlant, sonnant leur glas !
Givres glacés dans les cahutes !
Livres, ici, toujours vous fûtes
Ivres des fêtes que ces luttes
Livrent au givre des cahutes…
Frimas affreux ! Les pauvres gens…
- Tu m’as offert tous les argents,
Climat, du gel des indigents !
Frimas effrayants et régents !
Tout se purifie aux froidures ?
- Tousse ! Aux hivers des vents salubres !
Mai, ce n’était qu’ébauche, épure.
Messe dite, tout est torture !
Le froid ou la peur sont égaux ;
L’effroi plus l’ego, c’est égal,
Sont l’horreur du miroir des os
Et l’élémentaire mental.
