Le Rhône
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De sombres nuées sourdaient du Levant
En s’amoncelant comme une menace,
Couvraient la vallée d’un linceul mouvant,
L’eau, la terre et l’air parfois s’entrelacent.
Le ciel effrangé s’épancha en pluie,
Vaste écran liquide estompant la terre,
Inquiétant le jour, effrayant la nuit,
Chaque heure effaçait du temps les repères.
Le Rhône en folie conquit les talus,
Sur l’eau, bouillonnant, les bateaux montaient ;
L’orage incessant grossissait le flux ;
Sur le fleuve en crue les marins luttaient.
L’averse giclait, cinglante et féroce,
Le ciel se noya dans l’eau sans rivages,
Épousant ce flot en d’humides noces
Sous l’œil des marins doublant les cordages.
Les câbles grinçaient comme une rengaine,
Menaçant de rompre avec les pontons ;
Le courant fougueux arrachait les chaînes,
Prêt à fracasser la rive en béton.
Le fleuve effréné brisa les ouvrages
Qui l’avilissaient, recréa ses îles,
Quitta son corset, s’étendit au large,
Par dessous les ponts renversa les piles.
Venu du Noroît le vent versatile
Chassa les nuées, calma le déluge
Et le fleuve en paix à l’onde docile
Recréant son lit y trouva refuge
…………………………………..
L’homme amèrement releva les piles.
En s’amoncelant comme une menace,
Couvraient la vallée d’un linceul mouvant,
L’eau, la terre et l’air parfois s’entrelacent.
Le ciel effrangé s’épancha en pluie,
Vaste écran liquide estompant la terre,
Inquiétant le jour, effrayant la nuit,
Chaque heure effaçait du temps les repères.
Le Rhône en folie conquit les talus,
Sur l’eau, bouillonnant, les bateaux montaient ;
L’orage incessant grossissait le flux ;
Sur le fleuve en crue les marins luttaient.
L’averse giclait, cinglante et féroce,
Le ciel se noya dans l’eau sans rivages,
Épousant ce flot en d’humides noces
Sous l’œil des marins doublant les cordages.
Les câbles grinçaient comme une rengaine,
Menaçant de rompre avec les pontons ;
Le courant fougueux arrachait les chaînes,
Prêt à fracasser la rive en béton.
Le fleuve effréné brisa les ouvrages
Qui l’avilissaient, recréa ses îles,
Quitta son corset, s’étendit au large,
Par dessous les ponts renversa les piles.
Venu du Noroît le vent versatile
Chassa les nuées, calma le déluge
Et le fleuve en paix à l’onde docile
Recréant son lit y trouva refuge
…………………………………..
L’homme amèrement releva les piles.
