Alter ego
2
Contemporain, mon frère étrange,
Tu m’es lointain, comme un reflet
Que mon miroir faux renfloue, et,
Que tu sois craint, comme l’est l’ange !
Citoyen, mon frère social,
Avec Socrate je conchie
La fadasse démocratie ;
Etant ce qu’on a fait moins mal !
Passante, Ô ! sœur de tous, de toutes ;
Quidam ! siamois de mes nuits,
Vrai frère, au sang des mêmes fruits,
Tous inconnus ! Toutes déroutes…
Frères, et sœurs serves des fleurs !
Frères assoiffés d’espérance,
Tant d’altérité nous dispense
Du moindre échange de chaleur !
Pourtant nous sommes si semblables !
Mon esprit pourrait être à toi ;
La même férule m’est loi,
Battant des ambles formidables…
Toi que j’ai cru tant étranger,
Mon pareil, mon autre moi-même ;
Que je ne connais ni que j’aime ;
De Reykjavík ou de Tanger ;
Habitant lambda de ce monde,
A la multitude noyé,
Dent du ruban mal avoyé,
Comme en moi, la tranchante ronde,
A la scierie où le temps fuit,
Qui mord du bois la même vie ;
Je te veux, te hais et t’envie !
Toi ! mon égal que l’antan fit !
Tu m’es lointain, comme un reflet
Que mon miroir faux renfloue, et,
Que tu sois craint, comme l’est l’ange !
Citoyen, mon frère social,
Avec Socrate je conchie
La fadasse démocratie ;
Etant ce qu’on a fait moins mal !
Passante, Ô ! sœur de tous, de toutes ;
Quidam ! siamois de mes nuits,
Vrai frère, au sang des mêmes fruits,
Tous inconnus ! Toutes déroutes…
Frères, et sœurs serves des fleurs !
Frères assoiffés d’espérance,
Tant d’altérité nous dispense
Du moindre échange de chaleur !
Pourtant nous sommes si semblables !
Mon esprit pourrait être à toi ;
La même férule m’est loi,
Battant des ambles formidables…
Toi que j’ai cru tant étranger,
Mon pareil, mon autre moi-même ;
Que je ne connais ni que j’aime ;
De Reykjavík ou de Tanger ;
Habitant lambda de ce monde,
A la multitude noyé,
Dent du ruban mal avoyé,
Comme en moi, la tranchante ronde,
A la scierie où le temps fuit,
Qui mord du bois la même vie ;
Je te veux, te hais et t’envie !
Toi ! mon égal que l’antan fit !
