Je pensais
Je pensais que j’étais vivante,
Même si nom soit sur liste tel sombre,
D'un trait noir de la triste dentelle,
De rimes blanches sur ton mot à rompre…
Je pensais ce qu’à bout de souffle
Sans quitter tout mon corps terrestre,
Concubine de mirage si souple
Je serais, toutes pensées sans reste…
S’écoulait toute la nuit l’ombre noir,
S'élevant le déclin si triste,
Ce dernier jour de vie sanglante,
De l’amour sans espoir. Eclipse.
La chandelle éteignait ce temps,
N'osait pas-elle rejondre la seconde,
Je sentais le bourreau féroce,
Par le souffle sur lit oblongue…
Les printemps ne connaissent le couleur,
N’accrochant le déstins fatras,
Et les pluies-signes perdent leur ardeur,
Étouffant envolée de l’âme,
En claquant toute la porte d'entrée,
Je m'étends vers l’hiver sur route,
À travers la douleur des pertes,
Mes pieds nus sur les larmes et joug…
Je pensais que j’étais vivante,
Même si nom soit sur liste si sombre…
Recouverte de cendres noires est l’herbe,
Le nom sur l'obélisque est blanc...
Le poème est consacré au 55e anniversaire de la mémoire d'Anna Andreevna Akhmatova le 5 mars 1966.
Même si nom soit sur liste tel sombre,
D'un trait noir de la triste dentelle,
De rimes blanches sur ton mot à rompre…
Je pensais ce qu’à bout de souffle
Sans quitter tout mon corps terrestre,
Concubine de mirage si souple
Je serais, toutes pensées sans reste…
S’écoulait toute la nuit l’ombre noir,
S'élevant le déclin si triste,
Ce dernier jour de vie sanglante,
De l’amour sans espoir. Eclipse.
La chandelle éteignait ce temps,
N'osait pas-elle rejondre la seconde,
Je sentais le bourreau féroce,
Par le souffle sur lit oblongue…
Les printemps ne connaissent le couleur,
N’accrochant le déstins fatras,
Et les pluies-signes perdent leur ardeur,
Étouffant envolée de l’âme,
En claquant toute la porte d'entrée,
Je m'étends vers l’hiver sur route,
À travers la douleur des pertes,
Mes pieds nus sur les larmes et joug…
Je pensais que j’étais vivante,
Même si nom soit sur liste si sombre…
Recouverte de cendres noires est l’herbe,
Le nom sur l'obélisque est blanc...
Le poème est consacré au 55e anniversaire de la mémoire d'Anna Andreevna Akhmatova le 5 mars 1966.
La traduction russe-français du poème par Helga Rai
