Les Visiteurs 4 — Les SOLDES
Scène : Un centre commercial, temple moderne du désir.
(Bruit de foule, musique pop en fond, annonces au micro : « -50% sur tout le rayon électroménager ! »)
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GODEFROY
(Entrant, écarquillant les yeux, main sur la garde de son épée)
Par la barbe de Saint Louis, quel vaste, immense palais !
Où l’or ne se troque plus, mais s’échange par petites cartes.
(Il observe les escalators, effrayé, et recule d’un pas.)
Ces foules qui se poussent, s’avancent comme possédées,
Vers des autels de verre, d’où sortent ces images plates !
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JACQUOUILLE
(Bondissant, émerveillé, tirant sur la manche de Godefroy)
Ce n’est point un palais, Messire, c’est un grand marché ;
C’est jour de promotion, c’est les soldes, super chouette !
(Il se mire dans un écran de télévision, se recoiffe maladroitement.)
Ce miroir noir me rend plus beau qu’un princellet,
Venez voir, Messire, faut vite que l’on achète !
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GODEFROY
(S’approchant d’un smartphone exposé, le regard sévère)
Diantre, quel miroir flatteur, sans foi, sans loi ni grâce !
Autrefois l’on se voyait dans l’eau claire des fontaines.
Ici l’on se mire en selfie, images vaines et fugaces,
Et l’on jette des « likes » comme naguère des chaînes.
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JACQUOUILLE
(Tapotant frénétiquement sur une tablette, hilare)
Messire, j’ai trouvé un grimoire plein d’images vives,
Il s’appelle « Insta », il plaît, il charme et il captive.
(Il montre l’écran à Godefroy, qui recule, horrifié.)
On y voit des gueux qui mangent coquillages et pain,
Et des dames en bikini qui rient sur l’écume en vain.
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GODEFROY
(Se redressant, ton solennel, levant son épée vers les néons)
Ô monde-théâtre où chacun, son masque, joue son rôle,
Le fou passe pour prophète, le sage pour un guignol.
Fuyons, Jacquouille, ce temple sans foi et sans boussole,
Avant qu’on nous vende pour moins qu’un parasol !
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JACQUOUILLE
(Sautillant vers un rayon, brandissant une pancarte « -70% »)
Mais voyons, Messire, c’est jour de promotion :
À moitié prix l’Empire ! Un cheval pour l’oignon !
(Il empile des objets absurdes dans un caddie : grille-pain, casque, peluche.)
Ici tout le monde achète, achète vite et s’en va,
Les choses les plus bêtes, car l’occasion s’en va…
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GODEFROY
(Saisissant une pièce de monnaie, la tendant solennellement à Jacquouille)
Prends, manant, d’ici cette toute petite pièce,
Et « achète-toi » un destin, une épée, une princesse.
(Il pose la main sur son cœur, voix grave.)
Et s’il te donne le reste, « achète-toi » enfin cette âme,
Qui saura porter l’Amour et sa flamme…
(Silence. Jacquouille regarde la pièce, puis la troque aussitôt contre une saucisse grillée au stand voisin. Rires du public.)
(Bruit de foule, musique pop en fond, annonces au micro : « -50% sur tout le rayon électroménager ! »)
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GODEFROY
(Entrant, écarquillant les yeux, main sur la garde de son épée)
Par la barbe de Saint Louis, quel vaste, immense palais !
Où l’or ne se troque plus, mais s’échange par petites cartes.
(Il observe les escalators, effrayé, et recule d’un pas.)
Ces foules qui se poussent, s’avancent comme possédées,
Vers des autels de verre, d’où sortent ces images plates !
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JACQUOUILLE
(Bondissant, émerveillé, tirant sur la manche de Godefroy)
Ce n’est point un palais, Messire, c’est un grand marché ;
C’est jour de promotion, c’est les soldes, super chouette !
(Il se mire dans un écran de télévision, se recoiffe maladroitement.)
Ce miroir noir me rend plus beau qu’un princellet,
Venez voir, Messire, faut vite que l’on achète !
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GODEFROY
(S’approchant d’un smartphone exposé, le regard sévère)
Diantre, quel miroir flatteur, sans foi, sans loi ni grâce !
Autrefois l’on se voyait dans l’eau claire des fontaines.
Ici l’on se mire en selfie, images vaines et fugaces,
Et l’on jette des « likes » comme naguère des chaînes.
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JACQUOUILLE
(Tapotant frénétiquement sur une tablette, hilare)
Messire, j’ai trouvé un grimoire plein d’images vives,
Il s’appelle « Insta », il plaît, il charme et il captive.
(Il montre l’écran à Godefroy, qui recule, horrifié.)
On y voit des gueux qui mangent coquillages et pain,
Et des dames en bikini qui rient sur l’écume en vain.
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GODEFROY
(Se redressant, ton solennel, levant son épée vers les néons)
Ô monde-théâtre où chacun, son masque, joue son rôle,
Le fou passe pour prophète, le sage pour un guignol.
Fuyons, Jacquouille, ce temple sans foi et sans boussole,
Avant qu’on nous vende pour moins qu’un parasol !
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JACQUOUILLE
(Sautillant vers un rayon, brandissant une pancarte « -70% »)
Mais voyons, Messire, c’est jour de promotion :
À moitié prix l’Empire ! Un cheval pour l’oignon !
(Il empile des objets absurdes dans un caddie : grille-pain, casque, peluche.)
Ici tout le monde achète, achète vite et s’en va,
Les choses les plus bêtes, car l’occasion s’en va…
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GODEFROY
(Saisissant une pièce de monnaie, la tendant solennellement à Jacquouille)
Prends, manant, d’ici cette toute petite pièce,
Et « achète-toi » un destin, une épée, une princesse.
(Il pose la main sur son cœur, voix grave.)
Et s’il te donne le reste, « achète-toi » enfin cette âme,
Qui saura porter l’Amour et sa flamme…
(Silence. Jacquouille regarde la pièce, puis la troque aussitôt contre une saucisse grillée au stand voisin. Rires du public.)
