Évangile des démarches administratives
2
Évangile des démarches administratives
Après la composition du numéro,
il y eut une musique d’attente.
La musique tombait comme un brouillard humide,
glissant dans chaque recoin de mes pensées.
Irritant ma patience.
Car la musique était longue.
Car la musique était mauvaise.
Une voix mécanique descendit enfin du haut-parleur et dit :
Pour continuer en français, tapez un.
Je tapai un.
Et la voix dit :
Pour les allocations, tapez deux.
Pour les impôts, tapez trois.
Pour tout le reste, dites :
“Je veux parler à un conseiller.”
J’ai dit :
Je veux parler à un conseiller.
Et la voix a répondu :
Je n’ai pas compris votre réponse.
Alors je recommençai depuis le début.
Et encore. Et encore
Après de nombreuses tentatives,
j’atteignis enfin le bon service.
Alors la voix dit :
Tous nos conseillers sont actuellement indisponibles.
Veuillez rappeler ultérieurement.
Et elle ajouta, pour me consoler,
« Vous pouvez aussi faire la démarche en ligne »,
Alors que le site, sans hésiter,
M’avait prié d’appeler un conseiller.
Le lendemain, en commençant aux aurores,
j’ai fini en fin de matinée, par avoir le bon interlocuteur.
Je lui expliquai que je ne pouvais pas finaliser mon dossier
parce que mon adresse était trop longue pour l’espace réservé,
et que si je l’abrégeais,
l’adresse n’était plus valide.
Il y eut un grand silence.
Puis il dit qu’il fallait voir avec son supérieur.
Nous vîmes avec son supérieur.
Son supérieur regarda le problème.
Son supérieur comprit le problème.
Son supérieur ne put rien faire.
Car ce n’était pas lui
qui avait formaté le logiciel.
Alors il dit :
Rappelez demain, on va voir.
Et je sus
que demain
il y aurait une musique d’attente.
Et la musique serait longue.
Et la musique serait mauvaise.
Après la composition du numéro,
il y eut une musique d’attente.
La musique tombait comme un brouillard humide,
glissant dans chaque recoin de mes pensées.
Irritant ma patience.
Car la musique était longue.
Car la musique était mauvaise.
Une voix mécanique descendit enfin du haut-parleur et dit :
Pour continuer en français, tapez un.
Je tapai un.
Et la voix dit :
Pour les allocations, tapez deux.
Pour les impôts, tapez trois.
Pour tout le reste, dites :
“Je veux parler à un conseiller.”
J’ai dit :
Je veux parler à un conseiller.
Et la voix a répondu :
Je n’ai pas compris votre réponse.
Alors je recommençai depuis le début.
Et encore. Et encore
Après de nombreuses tentatives,
j’atteignis enfin le bon service.
Alors la voix dit :
Tous nos conseillers sont actuellement indisponibles.
Veuillez rappeler ultérieurement.
Et elle ajouta, pour me consoler,
« Vous pouvez aussi faire la démarche en ligne »,
Alors que le site, sans hésiter,
M’avait prié d’appeler un conseiller.
Le lendemain, en commençant aux aurores,
j’ai fini en fin de matinée, par avoir le bon interlocuteur.
Je lui expliquai que je ne pouvais pas finaliser mon dossier
parce que mon adresse était trop longue pour l’espace réservé,
et que si je l’abrégeais,
l’adresse n’était plus valide.
Il y eut un grand silence.
Puis il dit qu’il fallait voir avec son supérieur.
Nous vîmes avec son supérieur.
Son supérieur regarda le problème.
Son supérieur comprit le problème.
Son supérieur ne put rien faire.
Car ce n’était pas lui
qui avait formaté le logiciel.
Alors il dit :
Rappelez demain, on va voir.
Et je sus
que demain
il y aurait une musique d’attente.
Et la musique serait longue.
Et la musique serait mauvaise.
une note de vécu
