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Laissez moi vous éclairer…

Insatiable serpent,
Précise comme un notaire,
La lumière se répand,
Qui tire les choses au clair.

Ainsi est l’immanence,
Son privilège inné,
Ce qui en fait l’essence,
Est d’être instantanée.

S’incarner connaissance,
Fruit des arbres profus,
Divine dernière instance,
Sagesse du verbe infus.

Elle se donne toute entière,
Qui ne veut rien laisser,
Aux ombres du passé,
Et des chats de gouttière.

Qu’elle file comme les années,
Reflétant leurs abymes,
Les siècles qu’elle imprime,
Séminaux, en sont nés

Qu’elle distingue les élus,
Du sordide tout venant,
L’humain, des revenants,
Le solide, des berlues.

Que s’y frottent les lucioles,
S’y piquent les libellules,
Bourdonnent conciliabules
Qu’elle libelle, puis s’étiole.

Soit, que lumière se fasse…
Mais qu’elle s’assume, bon sang !
Médaille à double face,
Le réel est glaçant.

Elle donne l’heur à l’étain,
D’un cachet plaqué or,
Qui cache ses défauts, or,
L’interrupteur s’éteint.

Les couleurs ont déteint,
Les jolis cœurs plaqués,
Dont se ternit le teint,
Ont des cernes marqués.

Le grand jour est, Grands Dieux !
Un brin inquisiteur,
Et grandement odieux,
Le sarcastique questeur.

Elle file, mauvais coton,
Des axes à la police,
T’es à l’écoute, tonton
Macoute, de ses indices ?

Nous ferons la clarté,
Assure le commissaire,
S’élucident, sans douter.
Les ténébreuses affaires.

Elle amenuise la nuit,
Comme le ver, lui veut luire,
L’aspect nature m’ennuie,
Lui(1), aux mystères, peut nuire.

Ouf, le noir se fait, seuls,
Face à l’obscurité,
Médium, l’écran-linceul,
Permet ressusciter.

Rallument issues, la salle,
Rayons sus pour 10 sous,
Quand le rayon dissous,
Abolissait le sale.

Ronflez plein feu projos,
Projections du hasard,
Qui paillettent Balajo,
Et rampes de l’Alcazar

Que de la lumière, soies,
Multicolores satins,
Eclaboussent, j’aperçois,
Pantois, ses serpentins.

Trompeuse, quand tamisée,
Sa mise au mascara,
Sait qu’on désirera,
Etre idéalisé.

C’est comme un store filtré,
Qui nettoie les scories,
L’argentique infiltré,
Un score(2) pour les stories.

Renarde, elle flatte l’égo,
Reflète, brosse à reluire,
Trucs en plume des go-go,(3)
Pour les gogos, séduire.

Vamp ou pire, cannibale,
Car à l’os, racle et colle
Aux basques, se gondole,
La honte, Carnegie hall.

Qu’elle soit triste au matin,
Faiblarde et translucide,
Qu’elle affronte le destin
Tragique, d’esprits lucides.

Vampire de Düsseldorf
Sans coup férir, elle blesse,
Les cornées amorphes,
Abuse de leurs faiblesses.

Ecart faramineux,
Si elle est sobre ou crue,
Sentimentaux, on crut,
Un sentier, lumineux.(4)

L’enfer, un paradis,
L’empoisonneur, une flèche,
De la parade aux dèches,
Sans un flèche, un radis.

Lors, j’aspire l’insulter,
Rabaissant la déesse,
Rembarre les vérités,
De ses foireuses prouesses.

Comme pirate les premières,
Un lascar à capuche :
« Frère, t’es pas une lumière,
T’aurais l’oscar des Tuche… »
(1) Le magazine de charme
(2) Bande originale
(3) Go-go dancers
(4) Le Sentier Lumineux, groupe terroriste maoïste péruvien

© Poème posté le 06/09/2025 par Deshaiessaintes

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