Urgence
3
Regroupés, flanc à flanc, pour mieux caracoler,
Comme de grands chevaux piaffant sur l’onde immense,
Les longs nuages fuient dans le ciel affolé
Et l’écume frémit d’une indicible urgence.
Chaque sabot frissonne et la harde bondit ;
Sur l’océan mauvais l’ouragan siffle et file,
Charriant dans les airs un tumulte assourdi –
Et moi, je reste au bord, inerte et inutile.
Le temps s’écoule comme à la gorge le sang
Poisseux, s’égoutte avant que le coursier ne meure ;
J’entends grandir au loin le sanglot hennissant
Que je reconnaîtrai lorsque sonnera l’heure.
Soulignant vaguement l’horizon douloureux,
On devine une rive obscure, exténuée ;
Je rejoindrai bientôt ce pays ténébreux
Et les chevaux pressés déchirant la nuée.
Comme de grands chevaux piaffant sur l’onde immense,
Les longs nuages fuient dans le ciel affolé
Et l’écume frémit d’une indicible urgence.
Chaque sabot frissonne et la harde bondit ;
Sur l’océan mauvais l’ouragan siffle et file,
Charriant dans les airs un tumulte assourdi –
Et moi, je reste au bord, inerte et inutile.
Le temps s’écoule comme à la gorge le sang
Poisseux, s’égoutte avant que le coursier ne meure ;
J’entends grandir au loin le sanglot hennissant
Que je reconnaîtrai lorsque sonnera l’heure.
Soulignant vaguement l’horizon douloureux,
On devine une rive obscure, exténuée ;
Je rejoindrai bientôt ce pays ténébreux
Et les chevaux pressés déchirant la nuée.
