Courant d’air
2
C’était un monde étrange et déroutant ;
J’en passe l’huis, et la porte, en partant,
Derrière moi battra, restée ouverte
Aux soirs futurs - La vie, en pure perte,
Ne m’aura lui que brève ; et dans le ciel
Cristallisé d‘un amour officiel,
Vrai, je ne fus, vainement, qu’un Priape
A l’espoir mort, car ce qu’Eros y happe
N’est que fumée, élans forts d’un feu nul ;
Mirage, leurre, effet d’un faux calcul !
Mes intérieurs se sont peuplés de pluie,
Sous les soleils d’une larme éblouie…
C’était un monde plat, c'était le mien !
Un monde, vieux, lourd, mésopotamien,
Depuis Sumer, l’âme nous est sortie,
Et sa malédiction nous ceint, sertie !
Nature, ah oui ! j’irai vers ton retour ;
J’en vois l’orée ! A sa céleste tour
Babel se hisse - et tout hélas retombe -
Et c’est l’échec des siècles, l’hécatombe,
Le choc, l’écueil, le puits hersé de rocs !
Adieu, l’oiseau ! les toiles et les focs,
Les bateaux, les étoiles et les îles…
… Et depuis lors, les temps sont difficiles ;
Il s’est perdu, bien avant qu’on l’ait vu,
Ce paradis de l’horreur dépourvu.
Monde, le vide où je vais est sans limbe,
Ni blanc ni noir, aucun astre ne nimbe
Cet ergastule où le sordide Absent
N’est pas repos ! L’espérance abaissant
L’homme vers Dieu, je vais, comme on se couche,
Mourir, infime et ridicule mouche…
J’en passe l’huis, et la porte, en partant,
Derrière moi battra, restée ouverte
Aux soirs futurs - La vie, en pure perte,
Ne m’aura lui que brève ; et dans le ciel
Cristallisé d‘un amour officiel,
Vrai, je ne fus, vainement, qu’un Priape
A l’espoir mort, car ce qu’Eros y happe
N’est que fumée, élans forts d’un feu nul ;
Mirage, leurre, effet d’un faux calcul !
Mes intérieurs se sont peuplés de pluie,
Sous les soleils d’une larme éblouie…
C’était un monde plat, c'était le mien !
Un monde, vieux, lourd, mésopotamien,
Depuis Sumer, l’âme nous est sortie,
Et sa malédiction nous ceint, sertie !
Nature, ah oui ! j’irai vers ton retour ;
J’en vois l’orée ! A sa céleste tour
Babel se hisse - et tout hélas retombe -
Et c’est l’échec des siècles, l’hécatombe,
Le choc, l’écueil, le puits hersé de rocs !
Adieu, l’oiseau ! les toiles et les focs,
Les bateaux, les étoiles et les îles…
… Et depuis lors, les temps sont difficiles ;
Il s’est perdu, bien avant qu’on l’ait vu,
Ce paradis de l’horreur dépourvu.
Monde, le vide où je vais est sans limbe,
Ni blanc ni noir, aucun astre ne nimbe
Cet ergastule où le sordide Absent
N’est pas repos ! L’espérance abaissant
L’homme vers Dieu, je vais, comme on se couche,
Mourir, infime et ridicule mouche…
