Désir
Ne suis-je pas un peu de cette terre sus
Laquelle tu soufflas ? Je reste cette boue
Couverte du divin crachat, ce glaire humus
Par lequel d'un baiser tu scarifias ma joue !
Je suis de cette boue dont tu me malaxas
Et je rêve d'éther, n'étant que de poussière.
De ton immensité, je suis pauvre Abraxas
Qui, pour tendre vers toi, ne sait pas à quel lierre
S'agripper. J'ai rêvé d'un univers de marbre
Qui te ressemblerait bien mieux qu'à mon visage ;
Mais j'ai beau torturer ce qui m'est paysage,
Je suis pâle copie, n'étant qu'ombre de l'arbre.
Un imbécile, un sage, a dit qu'il ne faut pas
Vouloir ce qu'on ne peut : c'est cela le trépas.
Laquelle tu soufflas ? Je reste cette boue
Couverte du divin crachat, ce glaire humus
Par lequel d'un baiser tu scarifias ma joue !
Je suis de cette boue dont tu me malaxas
Et je rêve d'éther, n'étant que de poussière.
De ton immensité, je suis pauvre Abraxas
Qui, pour tendre vers toi, ne sait pas à quel lierre
S'agripper. J'ai rêvé d'un univers de marbre
Qui te ressemblerait bien mieux qu'à mon visage ;
Mais j'ai beau torturer ce qui m'est paysage,
Je suis pâle copie, n'étant qu'ombre de l'arbre.
Un imbécile, un sage, a dit qu'il ne faut pas
Vouloir ce qu'on ne peut : c'est cela le trépas.
©JIM
