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Le choix de la cendre, empreinte du fouet
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« Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni l’une ni l’autre. »

Benjamin Franklin



Dans l’arène où l’homme joue aux dieux,
Le monde penche, non vers les pieux 
Mais vers le bras qui tient le fouet,
Croyant ainsi fuir le regret.

On brandit César contre la croix,
Car mieux vaut l’ordre que la foi ;
Et quand Ponce se lave les mains,
C’est l’innocent qu’on livre aux chiens.

Des peuples ont salué la terreur,
Croyant l’ordre plus sûr que la clarté.
Mieux valait l’aigle et sa froideur
Que l’espérance en l’égalité.

L’Amérique, dans ses jeunes années,
Drapait ses chaînes de liberté ;
Mieux valait un Sud glorifié
Que l’égalité partagée.

L'Afrique prise entre deux perils
Cédait ses fils aux mains serviles.
Mieux valait trahir que tomber,
Mieux valait l’or que la clarté.

Là où le juste semble frêle,
On choisit l’ombre et ses étincelles ;
Car dans ce monde de soupçons,
La force est loi, l’ombre raison.

Mais trahir l’agneau pour flatter le loup,
C’est sceller son destin aux clous.
Et l’histoire, patiente et cruelle,
Grave nos lâchetés éternelles.

Ô toi qui lis ces vers en silence,
Ne choisis pas la peur, choisis la décence.
Car mieux vaut tomber avec l’opprimé,
Que régner dans l’ombre des damnés.

Petite plume libre ✍️




Dans un monde où la peur et le pouvoir déforment les consciences, l’Histoire enseigne que ceux qui manipulent finissent manipulés, que les traîtres seront tôt ou tard trahis. Car tout acte porte en lui un retour.

Face à l’oppression et à la facilité du renoncement, nombreux sont ceux qui sacrifient la justice au profit de l’ordre, ou la vérité contre un confort illusoire. À travers les époques, l’Histoire murmure toujours la même leçon. De César à l’Amérique esclavagiste, des peuples colonisés aux complicités silencieuses, le même choix tragique se répète : celui de la soumission maquillée en sécurité.

Ce choix n’est jamais sans conséquence : le mal que l’on tolère, on finit par en être l’instrument ou la victime. La force peut régner un temps, mais l’Histoire juge, tôt ou tard.

Et elle revient, parfois, avec une violence symbolique troublante : comme ce reportage diffusé récemment sur la vie intime d’Hitler, exposant ce qu’on croyait révolu, presque oublié. Un rappel brutal que les ténèbres ont une mémoire longue — et qu’elles ressurgissent dès que la vigilance faiblit. Rien n’est au hasard.

Il faut donc refuser le détour de la peur et choisir, coûte que coûte, la lumière de la décence, de la dignité, même si elle semble fragile. Car dans le grand retour des choses, mieux vaut être fidèle à l’agneau qu’allié du loup.

© Poème posté le 27/07/2025 par Juillet

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