Terminologie
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La terminologie
"Avec une encre qui pleure et une plume qui pique"
Dans un monde saturé d’images, de discours, et de silences complices, il reste une guerre que l’on ne voit pas venir : celle des mots.
Les mots qui tuent à distance.
Les mots qui déguisent la violence, qui repeignent la douleur, qui effacent les visages.
On ne dit plus "bombardement", on dit "frappe chirurgicale".
On ne dit plus "famine", on dit "insécurité alimentaire".
On ne dit plus "effondrement du climat", on dit "transition énergétique".
Chaque mot déplacé, chaque euphémisme choisi, est une trahison douce.
Ce poème est une alarme.
Il ne parle pas seulement des guerres visibles, mais de cette guerre souterraine qui se joue dans le langage même.
Il rappelle que le vocabulaire n’est pas neutre : il peut servir la vérité ou l’étouffer.
Je l’écris pour celles et ceux qu’on réduit à des chiffres, pour les mères sans mot, les enfants sans futur, les peuples sans nom.
Et pour tous ceux qui refusent que la langue soit un instrument d’oubli.
Que ce poème circule.
Qu’il dérange, qu’il questionne, qu’il réveille.
Et qu’il redonne aux mots le droit d’être vivants, brûlants, vrais.
La guerre globale : la terminologie
1. La guerre ancienne
Ils marchaient en rangs, lourds de fer et d’honneur,
Deux drapeaux opposés, deux peuples, une peur.
Le champ était clair, la bataille annoncée,
Et la mort avait l’odeur de l’épée lancée.
2. La guerre moderne
Les chars sont absents, les visages floutés,
Un missile lointain signe l’inhumanité.
On dit : frappe précise, zone neutralisée,
Mais l’enfant qui dort meurt sans être visé.
3. Le rôle des mots
Terroriste, islamiste, islam radical,
Ils sculptent la peur dans un masque verbal.
Un mot suffit à rayer l’identité,
Et même Dieu s’y perd dans l’ambiguïté.
4. La guerre du climat
Ils disaient : "anomalie", "épisode isolé",
Mais l’été s’étirait comme une plaie brûlée.
Plus de "saison douce", plus de "neige attendue",
Le mot "normal" lui-même a disparu.
"Transition", "résilience", ils nomment l’incendie
Comme on nommait "frappe fine" une boucherie
La Terre, elle, gémit sans mot technocrate,
Son lexique est feu, sécheresse, et sulfate.
5. Le silence du monde
Les bombes résonnent, les écrans se figent,
Les chaînes diffusent sans qu’aucun mot n’exige.
La douleur s’efface en données mesurées,
Et l’humain devient chiffre à analyser.
6. Une voix qui nomme
Mais surgit la voix, qui défie les outils,
Elle perce le voile des termes trop subtils.
Elle dit : Terminologie, masque des douleurs,
Je t’arrache ton nom pour redonner couleur.
Terminologie, arme de guerre
Terminologie ! Tu tisses des cercueils de phrases,
Tu fais d’un char un “outil”, d’un meurtre une “extase”.
Tu mets du vernis sur les larmes des mères,
Et tu dis paix durable en rasant des frontières.
Tu voles les mots justes, tu vides les cerveaux,
Tu fais du dictionnaire un champ de chaos.
Mais moi, je crie : nomme ! dans l’encre et la plaie
Que la langue reprenne ce qu’on lui dérobait.
Petite plume libre ✍️
"Avec une encre qui pleure et une plume qui pique"
Dans un monde saturé d’images, de discours, et de silences complices, il reste une guerre que l’on ne voit pas venir : celle des mots.
Les mots qui tuent à distance.
Les mots qui déguisent la violence, qui repeignent la douleur, qui effacent les visages.
On ne dit plus "bombardement", on dit "frappe chirurgicale".
On ne dit plus "famine", on dit "insécurité alimentaire".
On ne dit plus "effondrement du climat", on dit "transition énergétique".
Chaque mot déplacé, chaque euphémisme choisi, est une trahison douce.
Ce poème est une alarme.
Il ne parle pas seulement des guerres visibles, mais de cette guerre souterraine qui se joue dans le langage même.
Il rappelle que le vocabulaire n’est pas neutre : il peut servir la vérité ou l’étouffer.
Je l’écris pour celles et ceux qu’on réduit à des chiffres, pour les mères sans mot, les enfants sans futur, les peuples sans nom.
Et pour tous ceux qui refusent que la langue soit un instrument d’oubli.
Que ce poème circule.
Qu’il dérange, qu’il questionne, qu’il réveille.
Et qu’il redonne aux mots le droit d’être vivants, brûlants, vrais.
La guerre globale : la terminologie
1. La guerre ancienne
Ils marchaient en rangs, lourds de fer et d’honneur,
Deux drapeaux opposés, deux peuples, une peur.
Le champ était clair, la bataille annoncée,
Et la mort avait l’odeur de l’épée lancée.
2. La guerre moderne
Les chars sont absents, les visages floutés,
Un missile lointain signe l’inhumanité.
On dit : frappe précise, zone neutralisée,
Mais l’enfant qui dort meurt sans être visé.
3. Le rôle des mots
Terroriste, islamiste, islam radical,
Ils sculptent la peur dans un masque verbal.
Un mot suffit à rayer l’identité,
Et même Dieu s’y perd dans l’ambiguïté.
4. La guerre du climat
Ils disaient : "anomalie", "épisode isolé",
Mais l’été s’étirait comme une plaie brûlée.
Plus de "saison douce", plus de "neige attendue",
Le mot "normal" lui-même a disparu.
"Transition", "résilience", ils nomment l’incendie
Comme on nommait "frappe fine" une boucherie
La Terre, elle, gémit sans mot technocrate,
Son lexique est feu, sécheresse, et sulfate.
5. Le silence du monde
Les bombes résonnent, les écrans se figent,
Les chaînes diffusent sans qu’aucun mot n’exige.
La douleur s’efface en données mesurées,
Et l’humain devient chiffre à analyser.
6. Une voix qui nomme
Mais surgit la voix, qui défie les outils,
Elle perce le voile des termes trop subtils.
Elle dit : Terminologie, masque des douleurs,
Je t’arrache ton nom pour redonner couleur.
Terminologie, arme de guerre
Terminologie ! Tu tisses des cercueils de phrases,
Tu fais d’un char un “outil”, d’un meurtre une “extase”.
Tu mets du vernis sur les larmes des mères,
Et tu dis paix durable en rasant des frontières.
Tu voles les mots justes, tu vides les cerveaux,
Tu fais du dictionnaire un champ de chaos.
Mais moi, je crie : nomme ! dans l’encre et la plaie
Que la langue reprenne ce qu’on lui dérobait.
Petite plume libre ✍️
