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Quais de Seine, séparation
9

Sous un ciel de velours, la Seine au cours tranquille
Laisse glisser sa peine au long des ponts dociles.
Paris retient son souffle et dans l’air suspendu,
Deux ombres se côtoient en ne se voyant plus.

Elle, baisse les yeux, sa main tremble et se ferme,
Lui, voudrait retenir l’instant, le dernier terme.
Se brisent dans leurs voix des mots à peine dits,
Que la rivière emporte au gré de son roulis.

Les bateaux ont passé, indifférents, moroses,
L’eau froide ensevelit les reflets et les choses.
Leur amour, éphémère, a la couleur du temps,
De ces feuilles d’automne emportées par le vent.

Ils restent là, muets, trop loin pour s’effleurer.
Un battement de cœur, fugace éternité.
Puis chacun s’en retourne au brouillard de sa vie,
Paris clôt le rideau sur leur mélancolie.

© Poème posté le 29/10/2025 par Songeur

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