Chiasmes et miasmes
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Dépossédé du vent, l’infâme volupté
Des mous enfers me quitte ! inquiet, j’avais opté
Pour d’amères potions et des liqueurs malignes,
Et sucé les fruits verts qui dorment sous les vignes,
Dans l’espoir, ô viscère au mal indécrypté,
D’éclairer d’un feu neuf les flots que tu t’assignes,
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Excluant d’accoucher ta lie et tes secrets
Par le refus têtu, hors tes gaz indiscrets,
(Toute bulle de pus recèle une prière)
D’adouber ma pensée ; à ton centre de pierre,
J’étouffe ! asphyxié, lié, pris dans tes rets ;
Et rien de moi ne sort de cette gibecière !
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Logorrhée acharnée à ma perte, tu fuis !
En suintantes humeurs de vices enfouis,
Et t’arracher enfin cette boue innommable,
Cette misère immonde où brille un peu de sable,
Me voit perdre au néant féroce de ce puits
D’où, s’il en sort, n’éclot rien que d’irracontable !
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En cent ténias spécieux, les solitaires vers
S’expulsent lentement au cloaque pervers
Qui relâche et détient le meilleur et le pire,
Et jouant de son poids sur le léger empire
De mes sens désertés des muses et des airs,
Impose en explosant l’avanie où j’expire.
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Une fois ces sphincters vivisectionnés,
Pourri, pelé, les yeux crevés - à vue de nez -
Mon or ! mon ambre gris tiré des hécatombes !
Enfin je pousserai quelques cris spontanés,
Perles douces aux dieux des cimes et des combes.
