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Les deux perroquets
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Le gang des pastiches

Deux perroquets jaco des forêts africaines
Vivaient en liberté, pattes libres sans chaînes,
De leur hauteur guettant le manège animal
Et le surveillant bien pour en dire du mal :
Car le couple bavard s’entendait en ménage
Comme la fine fleur dans l’art du commérage.
Passa le temps, passa le temps, passa le temps
Et, comme l’homme atteint l’âge des cheveux blancs,
Qu’il se voûte, qu’il boite, a besoin d’une canne,
Va s’anéantissant et tel la fleur se fane,
Le mâle des jacquots se mit à bégayer,
Et quand l’autre fut sourde, il dut s’égosiller.
Entre malentendus et moulins de redites,
Les « Quoi ? » hurlés cent fois, les « Compris ! » hypocrites,
On s'amusait parmi les animaux d’en bas
De ces oiseaux trahis par l’ouïe et la voix,
Victimes à leur tour de cette médisance
Qui paraissait avoir hâté leur déchéance.
Les éclats les plus vifs de leurs discussions
Furent alors suivis de répétitions
Par les singes, plus bas qui, forts d’un art du mime,
Singeaient la comédie acerbe mais sublime
D’un couple de vieillards, un sourd, un bégayant,
Qui du haut d’une loge aimaient en persiflant
Commenter tout et rien en jurons et blasphèmes,
Sans se douter qu’un jour on se rirait d’eux-mêmes.

© Poème posté le 09/10/2025 par Vuthy

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