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Le bon sauvage
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Quand tout tire au profit de ce qu'on dit le progrès obtenu par l'éducation, au regard de nos contemporains, nos parents font figure de néandertaliens. En étaient-ils plus malheureux ?


Le monde était à l'aube de son humanité et n'avait pas encore inventé ce raffinement de langage et de civilités qui vous distingue d'entre le commun, une basse-cour

libre de mœurs et sans pudeur,
sans baise-main, ni convenance
pour rendre hommage à la laideur
en dépit de ce qu'on en pense :
tout se faisait très simplement,
sans faux-semblant, ni vêtement.
Un univers de sans-culottes
rempli d'indécence à cacher,
prétexte aux porteurs de calottes
pour venir vous le reprocher :
qu'importe ou non que l'on s'habille,
la malice est dans l'œil qui brille.
On y vivait nu comme un ver
tous les douze mois de l'année,
sans morale, été comme hiver,
pour voir la mode condamnée :
on n'y trouvait là point de mal
à vivre comme un animal.
Les fesses à l'air et nu torse,
chacun vivait sans foi, ni loi
d'un juge dont la seule force
ne lui vient que de son emploi :
rien à craindre qu'on légifère
pour peu qu'on n'en ait rien à faire.
Tout plongeait dans l'obscurité,
quand vint le siècle des Lumières
dont notre code a hérité
des us et des belles manières :
un art de vivre pour juger
de qui de droit sur le sujet.
Cortez survint de son Espagne
et puis son bon moine a prêché
contre ce qu'il disait péché
à l'indien, tout nu sous son pagne.

© Poème posté le 29/09/2025 par Liberanos

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