Scrolle mortel
6
Scrolle mortel
Nous vivons le trop-plein d’écrans,
Yeux piqués de pixels, dilatés par le néant.
Le cœur sous veille, l’âme en intoxication,
On respire à peine entre deux notifications.
La douleur ? Un feu sonore.
On vend la paix intérieure à crédit d’efforts.
La peur ? Une mise en veille,
Quand on achète le silence en plein éveil.
Les mots ne hurlent plus, ils rampent, étranglés,
Par l’écran bienveillant, aux reflets calibrés.
On allume des bougies d’apparence,
Pour masquer le sang déversé par arrogance.
On scrolle l’horreur comme on feuillette un rêve,
La guerre s’efface entre deux pubs sans trêve.
Le siècle titube, faible et sans repos,
Béquillé de likes et de bruits trop beaux.
Des forêts brûlent à l’autre bout du monde,
Des enfants dorment dans des lieux immondes,
Pendant que l'on défile pour des promos sans quête :
Des dons de Black Friday, qu’on vend puis on jette.
Les rues sont pleines, mais sans vie.
On vit comme on scroll : sans liens, sans répit,
Des ombres en baskets et sourires figés,
Pressés, vidés, désengagés et piégés.
Mais il faut hurler, briser ce décor,
Réveiller le cri, la chair, le corps,
Retrouver la rage, l’élan, l’aurore,
Dans nos gestes unis comme un seul matador.
Il faut des phrases qui percent, des vers qui saignent,
Des poèmes-lames, des images qui règnent,
Qui bousculent la nuit de leur lumière sèche,
Dignité retrouvée et que nul n’empêche.
Le monde ne changera pas en soupirant ;
Il faut du feu, du vrai, dans nos élans,
Des gestes clairs, vibrants, détonants.
Il est temps… oui, il est grand temps…
Et si les mots n’apaisent plus la peine,
Qu’ils soient tempête, déluge, éclat d’haleine ;
Non pas pour blesser, mais pour secouer,
Et brûler l’écran… puis nous relever !
Petite plume ✍️
Scrolle mortel :
L’ironie cruelle d’un monde où défile l’horreur avec détachement.
