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Heureux les pauvres en esprit,
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Ougan est un sauvage,
Un souffle dans la forêt,
Pour les hommes trop sages,
Ougan est un damné,

C'est un grand singe pensant,
Pour les gens de la ville,
Un grand diable dansant,
Toujours gai et docile,

Il court dans les près,
Pour rattraper le vent,
Et cueille la rosée,
A l'aube, dans les champs,

C'est un dieu délaissé,
Son royaume est aux cieux,
Quand il a trop chanté,
Des perles glissent de ses yeux,

C'est une brise légère,
Qui parfume les âmes,
Des hommes trop amères,
Face au temps et ses blâmes,

Sa morale abyssale,
Brûlante et entêtante,
Conduit sa vie astrale,
Vers ces orbes irradiantes,

Sa folie est intense,
Un jardin et des roses,
Arrosés de silence,
Dans un cirque grandiose,

Il appelle les oiseaux,
Ses amis, ses enfants,
Et leurs chants amicaux,
Enchantent ses instants,

Quand dansent les nuages,
Et que gazouille la pluie,
Ougan boit les messages,
Du ciel, sans faire de bruit,

Son langage est abscons,
Pour qui ne sait aimer,
Merveilleux compagnon,
Pour le coeur délaissé,

Fascinant comme un mage,
C'est un sage, un héros,
Qui colle les images,
D'un monde sans numéro,

Lorsque pointe la lune,
Sur le dôme des futaies,
Il se fond dans la brume,
Emportant ses secrets,

Et le sylphe, pleure ce faune,
Qui panse la misère,
C'est Ougan qui résonne,
Dans les émois sincères...

Ricocha le 23.04.25


Ce qui est écrit dans cette petite prose paraît très simple, mais il est des époques où tout ce qui est simple et facile à comprendre s'éloigne totalement de l'esprit des hommes et pour cela ne peut être compris qu'à grand peine.

Robert Walser (La forêt de Diaz)

© Poème posté le 23/04/2025 par Ricocha

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