Les lys envolés
1
Te vois-tu, mon parterre à l’ignoble figure ?
Te vois-tu, déjà seul et fertile en douleurs ?
Car le temps, ce venin somptueux d’envergure,
Dès la semaine enfuie, a ravagé tes fleurs.
J’en avais pourtant mis de toutes les couleurs,
Des lys partout, des lys que juillet transfigure ;
Ils fredonnaient si bien parmi les vents siffleurs,
Ils crépitaient si bien d’un feu de bon augure.
Et bientôt quel gâchis ! Quel spectacle éhonté !
Chaque fleur comme une âme au velours insulté,
Exhale le poison des caresses fatales.
Mais ne serais-je pas moi-même un songe-creux,
Une ombre qui, ployant dans son jardin peureux,
Va, fantôme erratique, effleurer deux pétales ?
Poème extrait de "La Blessure des Mots"
Te vois-tu, déjà seul et fertile en douleurs ?
Car le temps, ce venin somptueux d’envergure,
Dès la semaine enfuie, a ravagé tes fleurs.
J’en avais pourtant mis de toutes les couleurs,
Des lys partout, des lys que juillet transfigure ;
Ils fredonnaient si bien parmi les vents siffleurs,
Ils crépitaient si bien d’un feu de bon augure.
Et bientôt quel gâchis ! Quel spectacle éhonté !
Chaque fleur comme une âme au velours insulté,
Exhale le poison des caresses fatales.
Mais ne serais-je pas moi-même un songe-creux,
Une ombre qui, ployant dans son jardin peureux,
Va, fantôme erratique, effleurer deux pétales ?
Poème extrait de "La Blessure des Mots"
