Les vieux pommiers
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Au verger les vieux pommiers
qui titubent le nez torve,
glaçons en guise de morve,
ont l’air de boxeurs sonnés
De leur pas mal assuré
dodelinant bord sur bord
trottinent confiant leur sort
aux promesses d'un été
Leur tragique nudité
de splendeur se drapera
la saison rhabillera
leurs bras noueux tourmentés
En claudiquant sous l’averse
pieds gelés dans mes galoches
je fourre au fond de mes poches
mes deux poings que le vent gerce
Nul refrain n'y papillonne,
nul printemps radieux ne croche
à mes doigts bagues ni broches
nul prélude n’y bourgeonne
car n’étant pas un pommier
l’espoir n’est pas pour ma pomme.
qui titubent le nez torve,
glaçons en guise de morve,
ont l’air de boxeurs sonnés
De leur pas mal assuré
dodelinant bord sur bord
trottinent confiant leur sort
aux promesses d'un été
Leur tragique nudité
de splendeur se drapera
la saison rhabillera
leurs bras noueux tourmentés
En claudiquant sous l’averse
pieds gelés dans mes galoches
je fourre au fond de mes poches
mes deux poings que le vent gerce
Nul refrain n'y papillonne,
nul printemps radieux ne croche
à mes doigts bagues ni broches
nul prélude n’y bourgeonne
car n’étant pas un pommier
l’espoir n’est pas pour ma pomme.
