Foutu chat
4
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.
Maurice Rollinat
Votre Honneur, c’est le chat qui frappa Baudelaire
À coups de tisonnier, à travers le larynx ;
Moi, je n’y suis pour rien ; seul témoin oculaire,
Je sortais simplement, satisfait, des cagoinces.
Votre Honneur, c’est le chat qui frappa Baudelaire.
Je suis, c’est bien connu, d’une ignorance crasse ;
Je l’admets, Votre Honneur, je ne suis qu’un balourd.
Ces poèmes obscurs, toutes ces paperasses,
On survit très bien sans, d’ordinaire, à Saint-Flour ;
Je suis, c’est bien connu, d’une ignorance crasse.
Oui, mais en attendant, le gars gisait par terre ;
Le chat le surveillait avec perversité.
Et ce bestiau cruel, affront supplémentaire,
Déclara froidement : Il l’a bien mérité.
Oui, mais en attendant, le gars gisait par terre.
On l’avait estourbi et battu comme plâtre !
Tout ça pour quoi, bon Dieu ? pour un sonnet bâclé ?
S’il faut que pour si peu, son voisin, on l’emplâtre,
Le châtiment pourtant paraît un peu salé :
On l’avait estourbi et battu comme plâtre.
Bien que le bourg voisin fût distant d’une lieue,
Je fonçai chez les flics, hagard, sur mon vélo.
Le chat, lui, souriait et balançait la queue :
Il trouvait ça plaisant et plutôt rigolo
Bien que le bourg voisin fût distant d’une lieue.
J’ai tout dit, Votre Honneur, voilà toute la chose :
L’assassin, je le jure, a pour nom Roudoudou.
Cependant le temps presse, et tandis que je cause,
Il s’est carapaté, ce satané minou !
J’ai tout dit, Votre Honneur, voilà toute la chose.
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.
Maurice Rollinat
Votre Honneur, c’est le chat qui frappa Baudelaire
À coups de tisonnier, à travers le larynx ;
Moi, je n’y suis pour rien ; seul témoin oculaire,
Je sortais simplement, satisfait, des cagoinces.
Votre Honneur, c’est le chat qui frappa Baudelaire.
Je suis, c’est bien connu, d’une ignorance crasse ;
Je l’admets, Votre Honneur, je ne suis qu’un balourd.
Ces poèmes obscurs, toutes ces paperasses,
On survit très bien sans, d’ordinaire, à Saint-Flour ;
Je suis, c’est bien connu, d’une ignorance crasse.
Oui, mais en attendant, le gars gisait par terre ;
Le chat le surveillait avec perversité.
Et ce bestiau cruel, affront supplémentaire,
Déclara froidement : Il l’a bien mérité.
Oui, mais en attendant, le gars gisait par terre.
On l’avait estourbi et battu comme plâtre !
Tout ça pour quoi, bon Dieu ? pour un sonnet bâclé ?
S’il faut que pour si peu, son voisin, on l’emplâtre,
Le châtiment pourtant paraît un peu salé :
On l’avait estourbi et battu comme plâtre.
Bien que le bourg voisin fût distant d’une lieue,
Je fonçai chez les flics, hagard, sur mon vélo.
Le chat, lui, souriait et balançait la queue :
Il trouvait ça plaisant et plutôt rigolo
Bien que le bourg voisin fût distant d’une lieue.
J’ai tout dit, Votre Honneur, voilà toute la chose :
L’assassin, je le jure, a pour nom Roudoudou.
Cependant le temps presse, et tandis que je cause,
Il s’est carapaté, ce satané minou !
J’ai tout dit, Votre Honneur, voilà toute la chose.
A la demande générale, voici les dernières aventures de Roudoudou-le-Chat.
(et merci à Maurice Rollinat : https://www.lespoetes.net/poeme.php?id=3627&cat=ph )
(et merci à Maurice Rollinat : https://www.lespoetes.net/poeme.php?id=3627&cat=ph )
