Sébasto le siffleur
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Il imitait le merle, au soir, sous la ramure
Et n'hésitait jamais à lancer une fleur.
Les filles l'appelaient « Sébasto le siffleur ».
Il avait l'œil brûlant, noir autant que la mûre.
Quand il reçut sa feuille, il partit sans murmure
Occuper un djebel accablé de chaleur.
Il aima du pays cette intense couleur
Et découvrit le goût de la grenade mûre.
Près de six mois plus tard, à la mi-février
Neuf soldats progressaient sous les genévriers,
Au milieu du sentier trainait une babouche
Là, les yeux vers l'azur sous le thym parfumé,
Gisait le Sébasto, le siffleur tant aimé.
Des insectes de jais vrombissaient dans sa bouche.
Et n'hésitait jamais à lancer une fleur.
Les filles l'appelaient « Sébasto le siffleur ».
Il avait l'œil brûlant, noir autant que la mûre.
Quand il reçut sa feuille, il partit sans murmure
Occuper un djebel accablé de chaleur.
Il aima du pays cette intense couleur
Et découvrit le goût de la grenade mûre.
Près de six mois plus tard, à la mi-février
Neuf soldats progressaient sous les genévriers,
Au milieu du sentier trainait une babouche
Là, les yeux vers l'azur sous le thym parfumé,
Gisait le Sébasto, le siffleur tant aimé.
Des insectes de jais vrombissaient dans sa bouche.
De 1954 à 1962, nombreux sont les appelés du contingent qui durent franchir la méditerranée. J'en fus.
