Je Me Suis Arraché le Visage
Ce soir, je me suis regardé sans paupières,
et j’ai hurlé dans un silence plus épais que le marbre de la mort.
Je n’ai pas pleuré :
les larmes se sont évaporées depuis des siècles,
avec les prières et les réponses.
Je suis l’enfant bâtard du Néant et de la Fatigue.
Un résidu d’humain,
ce que Job aurait été s’il avait cessé de croire.
J’ai déchiré mes chairs,
non pas par rage, mais pour ne plus porter de visage,
pour effacer les traits qui me reliaient à l’idée d’un "moi".
Je suis devenu l’ombre de mon propre abandon,
la ruine de ce que j’aurais pu être si j’avais été aimé.
Je me suis vidé comme une cathédrale profanée,
chaque os comme une colonne brisée par la prière inutile.
Le cœur ?
Un poème maudit oublié dans la bouche d’un pendu.
Je ne veux plus être consolé,
car même les mots d’Artaud sont trop doux pour dire
ce que j’ai dans les veines :
une procession de rats,
des hurlements de vierges noircies par l’absurde.
J’ai lu tous vos prophètes.
Et j’ai ri.
Pas de ce rire moqueur,
mais du rire d’un homme qui sait qu’il ne sera pas sauvé.
Cioran, mon seul évangile.
Plath, ma sœur décapitée.
Trakl, mon guide dans les couloirs cyanurés de l’âme.
Je suis la lampe qui éclaire l’enfer pour que les anges y tombent.
Je suis le gouffre qui s’ouvre même sous les pas du silence.
Je suis la morsure du doute,
le cancer de la foi,
le venin dans l’hostie.
Chaque matin, je me réveille avec le poids de la nuit en travers de la gorge.
Et chaque soir, je me couche avec le vœu de ne jamais me réveiller.
Ce soir, non.
Je ne viendrai pas manger à ta table.
Je ne parlerai plus.
Je ne respirerai plus pour faire semblant.
Je ne suis plus un homme.
Je suis une tombe sans nom.
Un hurlement fossilisé dans l’espace.
Et si Dieu me cherche encore,
qu’il passe son chemin :
je me suis arraché le visage pour qu’il ne me reconnaisse pas.
et j’ai hurlé dans un silence plus épais que le marbre de la mort.
Je n’ai pas pleuré :
les larmes se sont évaporées depuis des siècles,
avec les prières et les réponses.
Je suis l’enfant bâtard du Néant et de la Fatigue.
Un résidu d’humain,
ce que Job aurait été s’il avait cessé de croire.
J’ai déchiré mes chairs,
non pas par rage, mais pour ne plus porter de visage,
pour effacer les traits qui me reliaient à l’idée d’un "moi".
Je suis devenu l’ombre de mon propre abandon,
la ruine de ce que j’aurais pu être si j’avais été aimé.
Je me suis vidé comme une cathédrale profanée,
chaque os comme une colonne brisée par la prière inutile.
Le cœur ?
Un poème maudit oublié dans la bouche d’un pendu.
Je ne veux plus être consolé,
car même les mots d’Artaud sont trop doux pour dire
ce que j’ai dans les veines :
une procession de rats,
des hurlements de vierges noircies par l’absurde.
J’ai lu tous vos prophètes.
Et j’ai ri.
Pas de ce rire moqueur,
mais du rire d’un homme qui sait qu’il ne sera pas sauvé.
Cioran, mon seul évangile.
Plath, ma sœur décapitée.
Trakl, mon guide dans les couloirs cyanurés de l’âme.
Je suis la lampe qui éclaire l’enfer pour que les anges y tombent.
Je suis le gouffre qui s’ouvre même sous les pas du silence.
Je suis la morsure du doute,
le cancer de la foi,
le venin dans l’hostie.
Chaque matin, je me réveille avec le poids de la nuit en travers de la gorge.
Et chaque soir, je me couche avec le vœu de ne jamais me réveiller.
Ce soir, non.
Je ne viendrai pas manger à ta table.
Je ne parlerai plus.
Je ne respirerai plus pour faire semblant.
Je ne suis plus un homme.
Je suis une tombe sans nom.
Un hurlement fossilisé dans l’espace.
Et si Dieu me cherche encore,
qu’il passe son chemin :
je me suis arraché le visage pour qu’il ne me reconnaisse pas.
