Aqueduc
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De cette blanche et ancienne et longue attente,
De ces vallons déserts, de ronces étranglés,
De cette soif silencieuse et palpitante ―
Qui peut parler.
Un homme vint, et qui, debout sur la colline,
Considéra, jaugea des yeux, tendit le bras ;
Et un chemin aérien d’arcades fines
S’équilibra.
Et tout au long de ce gosier de pierre creuse,
L’eau attendue, folâtrement, chanta soudain
Et s’élança, impatiente et savoureuse
Dans les jardins.
Et puis l’histoire, sans éclat, reprit sa marche ;
Le temps reprit, indifférent, son pas têtu.
Et les ronciers s’entretissèrent sous les arches,
Et l’eau se tut.
À ceux-là qui s’étonneront, que leur répondre ―
Les monuments, comme les mots, naissent caducs ;
Un jour s’élève, un jour s’effrite, et puis s’effondre
Un aqueduc.
De ces vallons déserts, de ronces étranglés,
De cette soif silencieuse et palpitante ―
Qui peut parler.
Un homme vint, et qui, debout sur la colline,
Considéra, jaugea des yeux, tendit le bras ;
Et un chemin aérien d’arcades fines
S’équilibra.
Et tout au long de ce gosier de pierre creuse,
L’eau attendue, folâtrement, chanta soudain
Et s’élança, impatiente et savoureuse
Dans les jardins.
Et puis l’histoire, sans éclat, reprit sa marche ;
Le temps reprit, indifférent, son pas têtu.
Et les ronciers s’entretissèrent sous les arches,
Et l’eau se tut.
À ceux-là qui s’étonneront, que leur répondre ―
Les monuments, comme les mots, naissent caducs ;
Un jour s’élève, un jour s’effrite, et puis s’effondre
Un aqueduc.
