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Au cabaret
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Or, notre grenouille avait une lointaine
Cousine qui dansait dans un cabaret
Tout près de l’étang où elle ne cessait
De festoyer, les lisières incertaines.

Elle rêvait tant de la rejoindre et ce fut
Bientôt chose faite à la lueur du temps
S’escrimant dans les tentures dissolues,
Le jour esquivant les dorures d’antan.

Quand elle apparut, les regards se figèrent
Alors sur le petit morceau de tissu,
Ses jambes nues dans la lumière impromptue
Dessinant des arabesques délétères.

Une confusion s’installa peu après.
Les taureaux à leur siège en vain s’agrippèrent,
Rompirent de leurs sabots le beau parquet
Suivis des éléphants qui les fustigèrent.

Les girafes sirotaient deux ou trois verres.
Les tables en perdition s’entrechoquèrent
Devant les yeux médusés des grands lustres,
Les pendeloques adornant les balustres.

Les peintures blêmirent, s’évanouirent
Dans la pénombre inversant le ciel enfui.
La danse en déliquescence se perdit
Dans les méandres des rideaux en délire.

La musique émue enflait désespérée,
La lumière mourant dans ses yeux blasés.
La grenouille partit précipitamment,
Résolue à ne plus quitter son étang.


Suite du poème "Le chiffon rouge"

© Poème posté le 23/10/2024 par Loren

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