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L'Aquilon, un frère ?
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L’Aquilon a gardé du lieu de sa naissance
Son patronyme lapidaire ;
Il compense, en clameurs, sa maigre transparence,
Et sourd aux pleurs, il vocifère.

Dépourvu d’ennemis, il combat sans raison
Nos paysages qu’il dédaigne
Et projetant sur nous sa froide exhalaison,
Nous déshabille et nous dépeigne.

Certes, ce vent n’est pas le zéphyr de l’été
Chuchotant parmi les bruyères ;
Il rugit sur la ville avec férocité
Et siffle ainsi qu’une vipère.

Dans les bois, sans pitié, il renverse les chênes, 
Aveugle, poursuit son voyage
Sur le vaste océan où son dard se déchaîne
Au grand effroi des équipages.

Mais l’homme lui aussi, s’élève en souverain,
Franchit l’air bleu comme un condor ;
De son aile il s’accole à ce vieux pèlerin,
Son semblable, le Vent du Nord.

© Poème posté le 14/06/2025 par Cardaline

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