Trémulant
Dans les galbes de mes doigts se cachent des caïmans,
par mon bras monte enroulé un serpent,
mon thorax est une grotte cachectique, perforée,
où habite un fantoche qui se vint percher sur mes côtes,
ma colonne est une grue télescopique
et au bas de mon dos se trouve une planète stérile, inamovible,
avec des anneaux gelés qui s'étendent
comme des steppes insondables, traversant tout.
Mais ce capharnaüm pullule d'un seule côté de mon corps,
de l'autre, il y a un gars là, installé,
il rôde dans la maison, il utilise mon nom,
rampe avec mes jambes,
parle avec sa voix, mais à travers ma gorge !
Ah ! Mais ça non,
il ne me permettrait jamais d'avouer quoi que ce soit d'humiliant,
jamais rien qui remette en question ma dignité,
et donc la sienne.
Il préfère que je passe pour un fou, c'est sûr,
il veut juste être à l'aise, calme,
tranquille, passif, habitué, automatique.
Il ne m'utilise que comme source d'inspiration,
et je flotte à nouveau comme une de ces spores dans cette ville,
dans les rues, les jardins, les rames de métro,
et qui ne touchent jamais le sol.
Le simple fait d'être absente me justifie,
ou du moins c'est ce que j'aimerais croire,
et il raffole de mes croyances,
il se soutient de mes pensées,
il vit des postulats qui surgissent dans mon esprit,
de mes fatras et mes travers.
Mais au fond de chaque réflexion,
enfoui dans ce corps sauvagement tiraillé,
dans la moelle de mes os malussés,
se trouve un autre animal, un énergumène de lumière,
un embryon oublié qui ronge la glace,
et bien que je l’ai oublié, je le crois perspicace,
fébrile, autonome,
il veut m'apprendre à marcher et s'emparer de mes yeux,
cet être veut que je saute et que je m'écrase.
Et moi, spectateur et prisonnier,
je souris presque, je m'en souviens presque,
je tourne ma peau sur ma carcasse
et je décolle.
Distant, mais émerveillé,
éphémère et extatique,
je vogue sur le vent vers le néant.
par mon bras monte enroulé un serpent,
mon thorax est une grotte cachectique, perforée,
où habite un fantoche qui se vint percher sur mes côtes,
ma colonne est une grue télescopique
et au bas de mon dos se trouve une planète stérile, inamovible,
avec des anneaux gelés qui s'étendent
comme des steppes insondables, traversant tout.
Mais ce capharnaüm pullule d'un seule côté de mon corps,
de l'autre, il y a un gars là, installé,
il rôde dans la maison, il utilise mon nom,
rampe avec mes jambes,
parle avec sa voix, mais à travers ma gorge !
Ah ! Mais ça non,
il ne me permettrait jamais d'avouer quoi que ce soit d'humiliant,
jamais rien qui remette en question ma dignité,
et donc la sienne.
Il préfère que je passe pour un fou, c'est sûr,
il veut juste être à l'aise, calme,
tranquille, passif, habitué, automatique.
Il ne m'utilise que comme source d'inspiration,
et je flotte à nouveau comme une de ces spores dans cette ville,
dans les rues, les jardins, les rames de métro,
et qui ne touchent jamais le sol.
Le simple fait d'être absente me justifie,
ou du moins c'est ce que j'aimerais croire,
et il raffole de mes croyances,
il se soutient de mes pensées,
il vit des postulats qui surgissent dans mon esprit,
de mes fatras et mes travers.
Mais au fond de chaque réflexion,
enfoui dans ce corps sauvagement tiraillé,
dans la moelle de mes os malussés,
se trouve un autre animal, un énergumène de lumière,
un embryon oublié qui ronge la glace,
et bien que je l’ai oublié, je le crois perspicace,
fébrile, autonome,
il veut m'apprendre à marcher et s'emparer de mes yeux,
cet être veut que je saute et que je m'écrase.
Et moi, spectateur et prisonnier,
je souris presque, je m'en souviens presque,
je tourne ma peau sur ma carcasse
et je décolle.
Distant, mais émerveillé,
éphémère et extatique,
je vogue sur le vent vers le néant.
