Lundi Mardi Mercredi
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Lundi
Lundi, jour de la Lune et de ses petitesses
A s’éclairer la vie auprès d’un pâle blanc
Du crin d’un cheval mort et cogner à son flanc
Le battement de la tête et de ses rudesses.
Si loin de la tendresse, et si loin de l’élan,
Qui mènerait au souvenir de ces caresses
Qu’on animait de la cheville jusqu’aux tresses,
Tout désir de contact n’était qu’un morne plan.
Or elle surgit avec tout son attirail
De séduction, direct, je fonçais sur le rail
De la pensée émotive,
« Ascète et froid », en un instant, j’en fis le deuil
Et m’emplis de ce khôl qui brillait sous son œil,
J’étais une locomotive.
Mardi
Mardi, c’était la guerre, elle envoyait des skuds,
De formidables bombes où tombait sa gorge
Et résonnait en trombe, on eût dit une forge
A souder des sons lourds tels des inédits lieds,
Sa cuisse chantait, lors, d’imaginaires fjords
Et c’était paradis, l’on y touchait la neige,
C’était frais, blanc, c’était comme un tour de manège
Où chaque pompon touchait le meilleur des fards.
On s’y promènerait comme on touche l’enfer,
On s’accommoderait du magnétisme au fer
Comme l’impensable au sensible,
Mais cela ne consiste à qu’enfin se brûler
Aux soleils d’une autre qui ne fait que héler :
- Je suis la cible de ta fable.
Mercredi
Mercredi, c’est milieu mais sur quel pied danser ?
Tu nous offrais ton sein sous l’étoffe ajourée
Du satin abricot qui se voulait borée
Et nous giflait jusqu’à cingler notre penser.
L’on immisçait, timide, un doigt vers l’avancée
Que tu tendais, la muse, et pour ainsi créer
Tant de farfelus vers que l’on pût agréer,
L’on écrit long, mourut jusqu’à la panacée.
C’était un raccourci jusqu’à ton clitoris
Comme un bon cuisinier mijoterait des ris
De veau, vers la sauce Madère,
A baguenauder, lents, sous le soleil au ras
De la dune et promis, emprisonnés aux bras
De quelque étrange dromadaire.
