En dégustant ce rhum jamaicain remuant mes lèvres
et murmurant bois-moi de tout son allant, j'accueille
celui qui s'offre à moi puis, irrémédiablement, ayant
testé la bonne coordination entre l'envie et le geste,
un claquement des doigts teinté d'arrogance se répètera
dans le fracas de cette musique assourdissante.
Je consulterai mes pulsions sensiblement décuplées,
les joues roses comme des flamands, les pieds gigotant
sous un tabouret devenu versatile et le regard chargé
de buée vaporeuse. C'est à ce moment que je décide de
chasser mon moi intérieur vers un extérieur sans
barrière où tout ce qu'il y a de gras et de laid s'exprime
par le biais d'une navigation mystique. Je progresse
dans l'euphorie et la tendresse, enclin aux folies
passagères d'une perturbation déchaînée. Lorsque ce
déséquilibre jouissif entamera mon envoûtement et
m'inquiètera par sa sournoise hystérie, las de ces
victuailles je renoncerai à m'endiabler par le feu
d'artifice et rejoindrai la position avant, celle qui me
sourit car elle m'a déjà enveloppé, je rejetterai l'après
ne m'autorisant pas à découvrir les imprévus et refusant
de tendre mes vibrations vers un torrent d'incertitude.
@ Edi Sorić
Poème écrit par
Edo Schweiz
Rhum
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Tous droits réservés © Poème posté le 08/01/2011 par Edo Schweiz
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