Le syndrome de l'hirondelle
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C'est au printemps que l'on s'élance
Au dehors du nid parental,
C'est à l'automne que l'on pense
A revoir le pays natal.
Chaque année, à la même époque,
Septembre qui bat le rappel,
Chez les hirondelles, provoque
Un ébranlement naturel.
La moindre risée de froidure
Fait remonter à leur esprit
Des souvenirs à la vie dure
Extraits de leur imagerie:
Le mur de pisé d'un village
Sous une lumière orangée,
Le vent marin d'où se dégage
Un parfum de fleurs d'oranger...
Ce flot de sentiments heureux
Les décide à mettre à la voile
Par des chemins aventureux
Sous la nuée et sous l'étoile.
Moi qui ne suis pas migrateur,
J'ai des atteintes nostalgiques
Et suis tout de même porteur
De cet aspect physiologique.
Etant depuis quelques années
La proie d'un exil volontaire,
Je vois l'automne s'incarner
Avec des fièvres similaires.
Le mal du pays me reprend,
J'ai des visions mélancoliques,
C'est au mois d'octobre, inhérent
Quand d'autres temps sont dynamiques.
La mémoire me rapatrie
Vers cette terre hospitalière
Dont la Garonne est l'égérie
Et les Pyrénées, la bannière.
Les travaux agraires s'émoussent,
Le vin repose dans les chais,
Les vignes doivent être rousses
Et le ciel inspirer la paix.
Je me découvre casanier
Et pleure de n'être voisin
D'un solitaire pigeonnier
Ou d'un clocher-mur toulousain.
L'envie me revient de humer
L'air des bastides médiévales,
Voir les arcades animées,
Le marché sous les vieilles halles.
Je manque de prairies fanées
Parées des plus beaux tons de braise
Et de tardives randonnées
Sur les vastes plages landaises.
Je me sens de nouveau atteint
Par cette émotion qui m'empoigne
Quand je chemine le matin
De la plaine vers la montagne.
J'entends rouler dans les hameaux
Qui fleurent la fraîche litière
Les sonnailles des animaux
Rentrant des pâtures altières.
Ce florilège de clichés
D'une beauté presque parfaite
A le pouvoir de déclencher
Une saisonnière retraite.
C'est le propre des hirondelles
Mais moi j'ai trahi mon instinct
Car des contraintes matérielles
A présent guident mon destin.
La vie des hommes m'a foulé
Et seul en moi reste un ombrage
Quand je regarde s'en aller
Mes petites sœurs du voyage.
Au dehors du nid parental,
C'est à l'automne que l'on pense
A revoir le pays natal.
Chaque année, à la même époque,
Septembre qui bat le rappel,
Chez les hirondelles, provoque
Un ébranlement naturel.
La moindre risée de froidure
Fait remonter à leur esprit
Des souvenirs à la vie dure
Extraits de leur imagerie:
Le mur de pisé d'un village
Sous une lumière orangée,
Le vent marin d'où se dégage
Un parfum de fleurs d'oranger...
Ce flot de sentiments heureux
Les décide à mettre à la voile
Par des chemins aventureux
Sous la nuée et sous l'étoile.
Moi qui ne suis pas migrateur,
J'ai des atteintes nostalgiques
Et suis tout de même porteur
De cet aspect physiologique.
Etant depuis quelques années
La proie d'un exil volontaire,
Je vois l'automne s'incarner
Avec des fièvres similaires.
Le mal du pays me reprend,
J'ai des visions mélancoliques,
C'est au mois d'octobre, inhérent
Quand d'autres temps sont dynamiques.
La mémoire me rapatrie
Vers cette terre hospitalière
Dont la Garonne est l'égérie
Et les Pyrénées, la bannière.
Les travaux agraires s'émoussent,
Le vin repose dans les chais,
Les vignes doivent être rousses
Et le ciel inspirer la paix.
Je me découvre casanier
Et pleure de n'être voisin
D'un solitaire pigeonnier
Ou d'un clocher-mur toulousain.
L'envie me revient de humer
L'air des bastides médiévales,
Voir les arcades animées,
Le marché sous les vieilles halles.
Je manque de prairies fanées
Parées des plus beaux tons de braise
Et de tardives randonnées
Sur les vastes plages landaises.
Je me sens de nouveau atteint
Par cette émotion qui m'empoigne
Quand je chemine le matin
De la plaine vers la montagne.
J'entends rouler dans les hameaux
Qui fleurent la fraîche litière
Les sonnailles des animaux
Rentrant des pâtures altières.
Ce florilège de clichés
D'une beauté presque parfaite
A le pouvoir de déclencher
Une saisonnière retraite.
C'est le propre des hirondelles
Mais moi j'ai trahi mon instinct
Car des contraintes matérielles
A présent guident mon destin.
La vie des hommes m'a foulé
Et seul en moi reste un ombrage
Quand je regarde s'en aller
Mes petites sœurs du voyage.
