Sahara d'hiver
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J’avais chargé la mule ; oh ! bien plus qu’il n’en faut
Déjà ses endosses saignaient :
Babillait-elle à peine en percevant la faux
La menant, là, pile, où geignaient
Quelques cors animés des bois de Roncevaux,
Bramant. Les éboueurs peignaient
Des étrennes de rêve et des morts, les caveaux
Où la paix, le regret régnaient.
La mule sur l’hiver comme un vers qu’on annule
Avait le cil triste, on eût dit
Une nippone estampe, une lampe ou l’inule,
Une planète où retentit
Le bing ! Un bang ! Un flash, un tonnerre, une bulle,
Le Smith&Wesson d’un bandit
Saupoudrant quelque sable et quelque particule
D’un Sahara riche et maudit.
