Marée d'équinoxe
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La mer a roulé ses caresses
dans le sel au fond des casiers
elle ronchonne bousculée
par les bourrasques d’équinoxe
Contre le mur de la jetée
l’écume écrase un paradoxe
ourlée de neige elle abandonne
un noir feston d’algues séchées
Sur la digue où la nuit déborde
la marée n’est plus muselée
à pleins crocs elle s’en vient mordre
un crépuscule malmené
Voiles et rêves remisés
le temps n’est plus au grand partir
Le voyageur pousse du pied
la laisse de ses souvenirs
