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Ces frontières-là
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Sur terre comme en mer ou dans les airs,
Sous l’orage d’obus et de fusils,
Le prix à payer fut bien plus que cher
Au fil des siècles et des ennemis.

Ils n’auraient pourtant pas pu concevoir
Dans cet idéal qui les dépassait,
Que d’un pays, ne serait-ce qu’un soir,
Soit fossoyée la libre identité.

De Bouvines à Valmy, Verdun, la Somme,
A mesure que s’ancrait la Patrie,
Au plus profond des esprits de ses hommes
Elle devenait puissante et chérie.

Pour la France, ces jeunes vies fauchées
A l’heure pourtant des douces envies
Étaient frères, pères ou fils aimés…
Hélas, dans l’horreur, elles ont fini :

Celle de la fange des casemates,
De la faim et du froid qui sévissaient,
Du sol qui tremble et du feu qui éclate
Sur les bons copains, tombés à côté.

Dépouillés de terreur, de sang, de larmes,
Des tombes ils tendent encor’ les bras,
Brandissant au ciel le fer de leurs armes
Pour que demeurent ces frontières-là.


© Poème posté le 10/05/2023 par Fregat

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