Prélude au printemps
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La terre étreint l’envie profonde
lovée aux plis de ses jupons
du lourd plaisir d’être féconde
au plus secret de ses sillons
La terre épouse le frisson
des sèves grasses qui s’éveillent
et défroissent dans leur cocon
des nymphes qui tendaient l’oreille
Les buissons perlent du concert
de gros bourgeons pleins d’invectives
Des sources naissent sous les pierres
les fossés débordent d’eaux vives
Au bord du champ la haie chemine
ses chênes manches retroussées
pétrissent à pleines racines
le talus qu'ils ont engrossé
Cette puissance cette faim
du paysage que dilate
l’impatience au creux de ses reins
le font lever comme une pâte
