Chronique d'une année d'ici
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Les iris en habits de fête
Cueillent la brise du matin
Dont l’aile gracile s’arrête,
Caressant la rose au jardin.
C’est le printemps : dansons la ronde
Des papillons et des oiseaux,
Chantons la source vagabonde
Et la fontaine aux claires eaux.
Bientôt passeront les glycines
Et leur parfum se fanera,
Alors les fleurs des champs, mutines,
Striduleront, donnant le la.
L’été s’est allongé à l’ombre
Du grand silence de midi,
Tandis que l’air chaud devient sombre,
Couvant un orage assourdi.
Le vent glane sur la colline
L’or et le roux de la forêt
Qu’il offre à la pluie sa voisine
En un tendre et charmant bouquet.
Voici le soir, voici l’automne,
Des feuilles mortes plein les bras,
Voici le ciel bas qui moutonne
Et les châtaignes sous nos pas.
La neige a mis sa cape blanche,
Ses bottes, ses gants, son bonnet,
Puis s’est posée, de branche en branche,
Sur la plaine et dans la forêt.
Sous la lune la nuit frissonne,
L’hiver grelotte, le dos rond …
Au coin du feu le chat ronronne,
Les yeux mi-clos : il fait si bon …
