Mon amour a tout mangé
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Il a savouré mon nom, mon visage,
Mon identité, ma taille, mon poids,
Même les ans au cadran de mon âge,
Le ton de mes yeux, le son de ma voix.
Il a mâchonné tous mes vêtements,
Mes vestes, la longueur de mes chaussettes,
Il a avalé peigne et brosse à dents,
Cosmétiques, shampoing, gant de toilette.
Il a croqué de l'exquis dictionnaire
Les mots fabuleux que j’affectionnais,
Ne laissant presque rien sur l’étagère,
A peine un fruit blet dans le compotier.
Il a bu des beaux matins la rosée,
Le chant des grillons sur les pâturages,
L’odeur des fleurs aux yeux semi-fermés,
Le rire bon enfant du vent sauvage,
Les jours futurs nichés dans les bourgeons,
Le temps promis aux lignes de ma main…
Il a broyé des choses le frisson
Que je tentais poser sur mes quatrains,
Jusqu’à la transparence des fenêtres,
La passion de connaître que j’avais,
Toutes les saisons lardées de mon être…
Mon amour, en partant, a tout mangé.
Mon identité, ma taille, mon poids,
Même les ans au cadran de mon âge,
Le ton de mes yeux, le son de ma voix.
Il a mâchonné tous mes vêtements,
Mes vestes, la longueur de mes chaussettes,
Il a avalé peigne et brosse à dents,
Cosmétiques, shampoing, gant de toilette.
Il a croqué de l'exquis dictionnaire
Les mots fabuleux que j’affectionnais,
Ne laissant presque rien sur l’étagère,
A peine un fruit blet dans le compotier.
Il a bu des beaux matins la rosée,
Le chant des grillons sur les pâturages,
L’odeur des fleurs aux yeux semi-fermés,
Le rire bon enfant du vent sauvage,
Les jours futurs nichés dans les bourgeons,
Le temps promis aux lignes de ma main…
Il a broyé des choses le frisson
Que je tentais poser sur mes quatrains,
Jusqu’à la transparence des fenêtres,
La passion de connaître que j’avais,
Toutes les saisons lardées de mon être…
Mon amour, en partant, a tout mangé.
