Sommeil paradoxal
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D'un sommeil paradoxal
M'atteint la mémoire antique
D'une idylle romantique
Aux bains guérissant le mal.
M'atteint la mémoire antique
Où la muse, hélas toujours,
Aux bains qui finissent mal,
M'invite à chanter cantique...
Où la muse, hélas toujours,
Allergique aux noms en mour,
Chante sévère réplique
Au soleil paradoxal...
*
M'atteint la mémoire antique
D'une idylle romantique
Aux bains guérissant le mal.
M'atteint la mémoire antique
Où la muse, hélas toujours,
Aux bains qui finissent mal,
M'invite à chanter cantique...
Où la muse, hélas toujours,
Allergique aux noms en mour,
Chante sévère réplique
Au soleil paradoxal...
*
bien sûr rien n'égalera ce sonnet célèbre de Baudelaire :
La muse malade
Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes.
Le succube verdâtre et le rose lutin
T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ?
Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?
Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques,
Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.
Charles Baudelaire
*
La muse malade
Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes.
Le succube verdâtre et le rose lutin
T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ?
Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?
Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques,
Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.
Charles Baudelaire
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