Moscou-Pacifique
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C’est le vent des longues plaines,
Ce sont les neiges lointaines
Et les vastes nuits d’hiver,
Les étoiles du ciel clair
Et le givre du silence.
C’est le train fier qui s’élance
Comme jadis les chevaux,
C’est le grand lac dont les eaux
Sont le miroir de l’Histoire
Et la clef de la mémoire.
C’est, là-bas sur l’horizon,
Le pays de ma chanson.
Roule, roule, train des plaines :
Du fond des forêts lointaines
Monte l’écho de l’hiver,
Tout ensemble grave et clair.
Lors, des brumes du silence
La cloche du soir s’élance,
Forte comme les chevaux
Qui tiraient au fil des eaux
Le lourd bateau de l’Histoire
Fait d’oubli, fait de mémoire.
Tout là-bas sur l’horizon,
Vole, vole ma chanson.
