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La fille du Père Noël
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Depuis combien d’hivers, sous l’œil de la Grande Ourse,
menait-il son traîneau comme une Ferrari ?
Le pauvre désormais se sent à bout de course
et voudrait ménager son corps endolori.

 — Hélas, s'afflige-t-il en bouchonnant ses rennes,
ma femme n'a pas su me donner de garçon.
Je n’ai nul héritier pour lui passer les rênes.
A la fin de mes jours, j'en paye la rançon.

 — Voyons, Papa Noël, vous avez une fille !
Superbement gaulée, instruite, très gentille,
sportive et pas feignante, elle a le bon profil.

— J’adore cet enfant, de mes yeux la prunelle
et je ne voudrais pas l’exposer au péril.
Car c'est un métier d'homme et non de demoiselle.

— Papa ! Tu me fais honte et n’es qu’un vieux macho,
vocifère indignée la peu tendre gamine,
passe donc au toubib afin qu’il t’examine.
À ton âge il vaut mieux, passer Noël au chaud.

Sous une photo choc, « L'Aurore boréale »
presque aussitôt publie ce twitt ébouriffant :
« Le bonhomme Noël, souffrant de l'encéphale,
laisserait la boutique à sa divine enfant. »
 
Le scoop est retwitté, au Brésil, en Islande,
à Rome, à Singapour, au Caire, à Maurepas.
Pulpeuse et court-vêtue, en mini-houppelande,
la belle fait rêver les vertueux papas.

Hélas, à son permis de traîneau rennivole,
la belle a échoué, nonobstants ses appas.
Et, cet hiver encor, c’est Papy qui s’y colle.
 
Tant pis pour les papas

© Poème posté le 16/12/2022 par Pierre Lamy

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