Le couvre-feu
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Quelques rangs de soldats défilent dans les rues
Et secouent cette nuit de leur pas cadencé,
Frappant avec vigueur un sol tout défoncé
Où les pavés disjoints ont des airs de verrues.
Chacun des passants craint les peines encourues ;
Alors chacun se terre au creux d’un lit glacé,
Fuyant le temps cruel d’un vieux monde oppressé
Par ces lointaines peurs qu’on croyait disparues.
On comprend mieux ainsi cette angoisse qui court,
Comme un pauvre animal que la crainte parcourt,
Sur le si long chemin d’un temps de servitude.
Dans la morne froideur de ce triste chef-lieu,
Dictant tous ses désirs comme une turpitude,
Il impose sa loi le sombre couvre-feu.
Et secouent cette nuit de leur pas cadencé,
Frappant avec vigueur un sol tout défoncé
Où les pavés disjoints ont des airs de verrues.
Chacun des passants craint les peines encourues ;
Alors chacun se terre au creux d’un lit glacé,
Fuyant le temps cruel d’un vieux monde oppressé
Par ces lointaines peurs qu’on croyait disparues.
On comprend mieux ainsi cette angoisse qui court,
Comme un pauvre animal que la crainte parcourt,
Sur le si long chemin d’un temps de servitude.
Dans la morne froideur de ce triste chef-lieu,
Dictant tous ses désirs comme une turpitude,
Il impose sa loi le sombre couvre-feu.
