Toile marine
5
Dans l’azur fondu des cieux entrouverts
Une étoile absente allume les airs.
De grand flots de sang coulent et déversent
Leur liquide aqueux sur les ors qu’ils percent.
-Je vous laisse juge : une aube ou le soir ;
La vie ou la mort, la peur ou l’espoir ;
Puis l’hémorragie outrée accentue
Son fluide, on dirait que le vent né tue
Cette nue, avec tant d’horizons plats.
Est-ce un chant que peint Dieu ? Plutôt qu’un glas ?
L’étrange tableau, d’orangé, chavire
Au jaune, blanc, bleu, l’œil de la chatte ivre ;
Fleur crépusculaire où vont les oiseaux,
Criaillant en cœur, apposant leurs sceaux
Dans cette atmosphère où rêve le monde…
La mer est immense et la terre est ronde.
