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A mon père
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Quoiqu'il ne soit plus rien qui vaille
L'on doit goûter à ce rayon :
Prenez votre amour par la taille,
Ecoutez - peut-être - un grillon.

Oui ! Que ne vivre ni sourire ?
Malgré l'ordre sempiternel
Qui, c'est sûr, fera taire l'ire
Des douleurs, et tout le panel
De ce dont la chair est construite.

Loin de l'absence et du détail
L'idée avance comme truite !
Et l'inappétence est un rail.

Puis, comment vous faire violence ?
- Tout vous ennuie, et c'est parfait !
Vous geignez, pourtant, virulence
Indiquant la vie, en effet,
Et le désespoir des tristesses,
Et l'atone méchanceté,
Les affects comme autant de laisses,
Et toute notre étrangeté,
Notre humanité torse et trouble,
Mais aussi la chaleur des mains,
Et la tendresse, qui redouble
Notre attrait pour les lendemains.

Etre ? Un art certes difficile,
Dans les bourrasques et le flot
Du temps qui ravage et dessille,
Hélas ! être est notre seul lot.


Quoiqu'il ne soit plus rien qui vaille
L'on doit goûter à ce rayon :
Prenez votre amour par la taille,
Ecoutez - peut-être - un grillon.

Tous droits réservés © Poème posté le 11/09/2022 par Salus

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