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Exotisme

- J’ai même fait du bateau -
ivre !
Et trouvé d’étranges passages
Dans les détroits secrets où vivre
Nous est pur - d’être aux paysages.



Au vaste erg de l’air marocain
J’ai voyagé sans un dirham ;
Obstinément fils de Caïn,
J’ai craché sur les cieux d’islam !

Comme j’abhorre Notre Père
Dans la contrée occidentale
Où, déguisé, le même opère,
En quelque attaque moins frontale,

La multiplication du pain,
Et, plus loin, le prêche au napalm !
Depuis toujours je désespère
Des dieux - plus méchants qu’un crotale !

J’ai navigué je vous l’ai dit,
Comme Homère, et comme Simbad,
De mers d’amour en ciels de lit,
Et comme mousse, en ferry-boat !

J’ai visité tous les Mexiques,
Pointé le centre à Cubilete,
Tiré des bords acrobatiques
Sur une antique mobylette !

De périples qu’on entreprit,
Il n’est, d’Ys jusqu’Ahmedabad,
Par moi ! d’Abruzzes en attiques,
Voire aux feux de quelque follette !

J’ai gravi le Vatnajökull,
Et, sur le Popocatépetl,
Consacrant quelque très beau cul,
Mâché l’amer d’un vieux peyotl !

J’ai partagé, de l’autochtone,
Le miel sucré des blancs termites
Et connu l’éternel automne
Des septentrions yéménites.

J’ai, d’Autriche, un affreux calcul,
Un cristal d’Armjourth ! (ou de Seltz)
Le voyage Hermétique étonne ?
C’est un Garage aux mille mythes !

J’ai vu l’Ouest et Butch Cassidy !
Je possède un certain billet
Pour de rares après-midi,
Prêt à poinçonner - tout y est !

J’ai, passe droits qu’on ne délivre,
Sauf à connaître leurs usages,
Pas, l’usure, sur chaque livre,
Qui raconte mille accostages.

Et, chez le parisien titi,
Ce gavroche de cap en pied,
De temps à autre je vais vivre ;
Y faire des sortes de stages !

J’ai chopé la chtouille à Hong Kong,
J’ai vu, révolutions d’Afrique,
Au Burkina quelque King Kong
Damant le pion du blanc qui flique

Tout un peuple au nom du pouvoir !
Ailleurs, j’ai, des autonomistes,
Craché dans le drapeau (pour voir) !
Puis j’ai fui l’homme et fui ces listes,

Erré seul, sans rencontrer, donc,
Ame qui vive dans la crique
Qui va de naître à s’émouvoir,
Et de la joie aux futurs tristes.



J’ai rêvé, sur le bord d’étangs,
Le soleil irisait leur nappe,
J’ai rêvé, des temps et des temps,
Mais la mort bientôt me rattrape.

J’étais partout - d’y chercher quoi ?
Et je ne suis qu’à peine au monde !
Quel est ce maudit quant à soi
Dont la censure nous inonde ?



… J’ai vu, dans la chine, des tanks,
Et j’ai connu le grand satrape
D’un pays de mauvais aloi…

… Va savoir ! si la terre est ronde…







Tous droits réservés © Poème posté le 10/07/2022 par Salus

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