Mer intérieure
1
(A Nina)
Ta main cachée à la mienne,
Nous irons
Heureux d’une joie ancienne !
Nos cœurs ronds
Chacun lourd du cœur de l’autre,
Doux fardeau
Si léger pour notre cotre !
A vau-l’eau,
Par les courants, les marées,
Naviguons,
Voiles jamais amarrées,
Nos lagons…
… Et nous rirons de ces boussoles,
De ces sextants,
Nous indiquant les mille môles
Où de tout temps
Les mauvais amoureux s’arriment,
Pleins de ces peurs
Qui fixent les passions et priment
Sur leurs bonheurs.
Rendors-toi, ma noire panthère,
Sur tes cheveux ;
Le tourmentin de ta crinière,
C’est tous mes vœux !
